
À Sebourg, cinq logements étudiants ont pris place dans les dépendances d’une ferme familiale. L’un de leurs locataires rejoignait l’université de Valenciennes en quinze minutes de voiture. À l’échelle du département, Campus Vert répertorie 280 logements de ce type, sur plus de 600 dans les Hauts-de-France.
Cette résidence universitaire dispersée ne repose pas sur la construction de grands bâtiments collectifs. Des agriculteurs, en activité ou retraités, transforment des granges, étables ou dépendances devenues inutiles à l’exploitation. L’association les accompagne, fixe les loyers selon une grille commune et met les candidats en relation avec les propriétaires. Le réseau reçoit un soutien financier de la Région Hauts-de-France et du Département du Nord, sans que les montants soient publiés sur les pages consultées.
La grille entrée en vigueur le 2 janvier 2026 est plus précise que la fourchette de 325 à 440 euros mise en avant par le Département. Dans le Nord, le loyer mensuel commence à 297 euros pour certains petits logements autour de Cambrai et atteint 455 euros pour un T2 bis d’au moins 40 m² dans le secteur lillois. Ces tarifs sont hors charges, avec internet inclus. Campus Vert estime l’eau, l’électricité et les ordures ménagères à environ 80 euros par mois en moyenne, selon la consommation.
Le dispositif épouse une particularité du Nord : ses formations supérieures ne sont pas concentrées dans Lille. Campus Vert propose des logements autour de Cambrai, Douai, Dunkerque, Genech, Lille et Valenciennes. Le bâti agricole situé dans l’orbite de ces pôles forme ainsi un parc locatif diffus. Pour les propriétaires, la location donne un nouvel usage à leurs dépendances et apporte un revenu complémentaire.
Mais les 280 logements répertoriés ne sont pas 280 offres immédiatement disponibles. Campus Vert ne publie pas d’inventaire en temps réel avec adresses et loyers. Le candidat indique d’abord le secteur, ses dates et son établissement. Le formulaire lui demande également s’il dispose d’un véhicule. L’association transmet ensuite les coordonnées de propriétaires correspondant à sa recherche. Les étudiants peuvent déposer directement une demande de logement.
Le véhicule modifie le coût réel de la formule. Campus Vert présente ses logements comme situés à moins de vingt minutes des sites universitaires, mais cette proximité est exprimée en temps de trajet, pas en distance à pied ou en transports collectifs. Pour un étudiant qui doit se motoriser, le carburant, l’assurance et le temps de conduite s’ajoutent au loyer et aux charges.
Campus Vert offre donc une réponse adaptée à la carte universitaire éclatée du Nord, plutôt qu’une solution générale à la difficulté de se loger. La pertinence d’un logement dépend de son adresse, de son coût mensuel complet et du trajet quotidien. À Sebourg, l’équation tient dans les quinze minutes de voiture qui séparent les anciennes dépendances de la ferme du campus de Valenciennes.