
Un avis du BOAMP publié le 2 août concerne le lot 14 de la rénovation du Musée d’histoire naturelle de Lille : la production des contenus audiovisuels et multimédias. Ce n’est pas le marché du matériel. Le lot 13, consacré aux équipements multimédias, a déjà été attribué à Videlio pour 171 154 euros. L’opération distingue donc le matériel de ce qu’il devra montrer, raconter ou faire comprendre.
Ce découpage montre pourquoi la rénovation d’un musée ne se résume pas à refaire un bâtiment. Les prestations de l’opération de travaux sont réparties en 17 lots. Démolition, désamiantage, chauffage, éclairage, scénographie, signalétique et multimédia doivent ainsi avancer ensemble. Le lot consacré aux contenus restait à part : en avril 2026, l’avis d’attribution des principaux marchés annonçait encore son lancement prochain par une procédure avec négociation. La publication du 2 août correspond à cette procédure séparée.
Pendant ce temps, le chantier physique est entré dans sa deuxième phase. Les anciennes extensions des cours doivent être déconstruites jusqu’en août 2026, avant les travaux de structure dans les trois ailes et la construction d’une coursive vitrée reliant les pavillons. Les nouveaux parcours prendront ensuite place. Les travaux sont programmés de mi-2026 à mi-2028 et les espaces accessibles au public doivent doubler. Le coût global atteint 34 millions d’euros, financés par la Ville de Lille avec la Métropole européenne de Lille, le Département du Nord, la Région Hauts-de-France et le ministère de la Culture.
Lorsque le conseil municipal a voté la rénovation en 2019, le budget annoncé était de 21,8 millions d’euros. À la fermeture du musée en avril 2024, vingt-quatre mois de travaux étaient encore envisagés. Le projet coûte aujourd’hui davantage et son calendrier s’étend jusqu’en 2028. La publication du lot 14 rend visible le travail qui reste à synchroniser avant la réouverture.
À Lille, cette coordination doit composer avec plus de 450 000 objets, dont moins de 5 % étaient exposés. Environ 14 000 pièces doivent être progressivement réinstallées. La rénovation prévoit une réserve visible, des espaces d’exposition agrandis, un lieu destiné aux enfants de moins de trois ans et une nouvelle présentation des collections naturalistes, géologiques, ethnologiques et industrielles. Les contenus multimédias devront aider à relier ces objets sans prendre leur place.
L’avis publié ne précise pas le montant estimé du lot 14. Les 171 154 euros consacrés aux équipements ne représentent donc qu’une partie du coût numérique, qui comprend aussi la production et l’intégration des contenus, puis leur entretien. Le lot 14 doit maintenant avancer au rythme des murs, pour que les 14 000 objets reviennent dans un musée prêt à les expliquer, pas seulement à les abriter.