
Trois femmes ont été retrouvées inanimées jeudi 30 juillet au matin dans une embarcation près de la digue du Braek, à Dunkerque. Le taxi-boat avait été signalé vers 6 heures au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Gris-Nez. Le navire de sauvetage Ridens a envoyé une embarcation légère, dont l’équipage a découvert les trois victimes vers 6 h 30. Transportées au port de Dunkerque, elles ont été déclarées mortes à leur arrivée.
Jeudi à 17 h 41, le parquet de Dunkerque avait confirmé l’ouverture d’une enquête. L’identité et la nationalité des trois femmes n’avaient pas été rendues publiques. La cause médicale de leur mort n’était pas davantage établie.
Quelques autres passagers ont été secourus par les moyens français et ramenés à terre. Le canot a ensuite poursuivi sa route vers le Royaume-Uni, où ses occupants restants ont été pris en charge à la mi-journée. Les autorités n’ont pas précisé combien de personnes se trouvaient initialement à bord ni combien avaient embarqué au niveau de la digue du Braek.
Le bilan de Dunkerque doit être distingué d’un autre drame survenu dans la même période au large du Pas-de-Calais. La préfecture maritime a annoncé quatre décès et 31 personnes secourues au cours de plusieurs opérations menées les 29 et 30 juillet, mais le quatrième mort était un homme retrouvé après un naufrage distinct près d’Hardelot. Trois décès sont donc liés à l’intervention du Braek.
Le terme de « taxi-boat » décrit une embarcation mise à l’eau ailleurs, puis conduite le long du littoral pour récupérer des groupes qui attendent sur la plage ou dans l’eau. Cette méthode vise à embarquer les passagers depuis la mer en contournant le dispositif déployé sur la plage, mais elle rend la montée à bord instable : plusieurs personnes peuvent tenter de rejoindre simultanément un pneumatique déjà chargé, ballotté par les vagues et le courant.
La préfecture maritime indique que ce mode opératoire se développe et que le nombre moyen de personnes par embarcation a atteint 65 depuis le début de 2026. Neuf bateaux transportant plus de 100 personnes ont été recensés cette année. Ces données ne permettent pas d’expliquer les trois décès du Braek, mais elles éclairent la difficulté de l’intervention : une partie du danger se concentre désormais au moment où le bateau longe la côte et récupère ses passagers.
En mer, les secours proposent leur assistance aux occupants. Lorsque certains refusent de quitter le canot, les moyens français évitent de les contraindre à monter à bord d’un navire de sauvetage : une évacuation forcée pourrait déstabiliser ou déchirer une embarcation précaire et provoquer de nouvelles chutes à l’eau.
Pour toute personne témoin ou victime d’une urgence en mer, la préfecture maritime demande de composer le 196 depuis un téléphone ou d’appeler les secours sur le canal 16 de la radio VHF. Aucune restriction ou consigne particulière n’avait été annoncée jeudi soir pour les habitants de Dunkerque.
L’identification des victimes, les examens médico-légaux et les témoignages des passagers ramenés à terre doivent désormais éclairer la séquence. L’enquête devra surtout reconstituer ce qui s’est produit entre l’arrivée du taxi-boat devant la digue du Braek, vers 6 heures, et la découverte des trois femmes une demi-heure plus tard.
Sources consultées
- Préfecture maritime de la Manche et de la mer du NordDécès de trois personnes en mer, secteur digue du Braek (59)
- Préfecture maritime de la Manche et de la mer du NordBilan des opérations d’assistance et de sauvetage du 29 et du 30 juillet 2026 : 31 personnes secourues, quatre personnes décédées
- Agence France-Presse, diffusée par BoursoramaMigrants : quatre morts dans deux tentatives de traversée de la Manche