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Dunkerquois : les usines arrivent, le territoire doit suivre

Les 20 000 emplois annoncés ne sont pas encore 20 000 offres. Formation, logement et mobilité détermineront combien profiteront réellement aux habitants.

Usines et emplois dans le Dunkerquois

À Bourbourg, Verkor fabrique désormais ses propres cellules de batteries. À Gravelines et Loon-Plage, le chantier de l’usine Neomat CAM vient de commencer. ProLogium prévoit de lancer sa production en 2028. Dans le Dunkerquois, la réindustrialisation n’est plus seulement une série d’annonces : une usine fonctionne déjà, d’autres chantiers sont engagés et les recrutements se rapprochent.

Deux chiffres donnent la mesure du mouvement, à condition de ne pas les confondre. France Travail recense 12 800 projets de recrutement dans l’industrie manufacturière des Hauts-de-France en 2026. Ce total régional comprend les créations de postes, mais aussi les remplacements. La Communauté urbaine de Dunkerque annonce de son côté 20 000 emplois directs sur cinq à dix ans, en additionnant les besoins futurs de nombreux projets. Il s’agit d’un horizon industriel, pas d’un stock de 20 000 offres déjà disponibles.

Les premiers besoins sont pourtant bien présents. Une étude réalisée pour l’État auprès de plus de 70 entreprises du Dunkerquois relevait près de 2 500 postes en cours de recrutement. Ces employeurs prévoyaient plus de 7 100 embauches d’ici 2028 et au-delà, hors besoins d’EDF. Les techniciens d’exploitation, opérateurs et techniciens de maintenance arrivent en tête. Plus d’un poste sur deux demande au moins un niveau bac + 2.

Être disponible ne suffit pas si les compétences ne correspondent pas aux postes. Parmi les entreprises interrogées, 72 % peinaient à trouver les personnes répondant à leurs besoins et 84 % signalaient un manque de profils adaptés. Les tensions se concentrent sur la maintenance, l’électricité, la mécanique et l’automatisation. Une personne en recherche d’emploi n’est pas automatiquement prête à travailler sur une ligne de batteries, une installation électrique industrielle ou un équipement automatisé.

Pour répondre à ces besoins, le territoire doit former, loger et transporter davantage de salariés. Le Dunkerquois conserve un chômage élevé, mais sa population active diminue. Les scénarios de l’Insee montrent qu’une forte croissance de l’emploi ne pourrait être absorbée sans attirer de nouveaux habitants, augmenter les déplacements depuis le Calaisis, la Flandre intérieure et l’Audomarois, ou combiner les deux. La Communauté urbaine associe d’ailleurs sa stratégie industrielle à un objectif de 12 000 logements.

Former davantage d’habitants permettrait de mieux partager les bénéfices de la croissance industrielle. Recruter dans les bassins voisins augmenterait le nombre de candidats, mais aussi les trajets quotidiens et la pression sur les réseaux de transport. Faire venir de nouvelles familles suppose des logements, des écoles et des services disponibles au rythme des ouvertures d’usines. Si ces capacités ne suivent pas, les entreprises se disputeront les mêmes techniciens et une partie des habitants restera en marge des emplois promis.

Les Espaces 20 000 emplois, installés face à la gare de Dunkerque et place du Chevalier-de-Saint-Pol, rapprochent les habitants des formations et des employeurs. Ils peuvent y rencontrer des conseillers, découvrir les parcours disponibles et réserver un atelier sur les métiers de l’électromobilité. À 2 place de la Gare et à Saint-Pol-sur-Mer, le chiffre se vérifiera au fil des formations suivies et des contrats signés.

Sources consultées
  1. France Travail Hauts-de-FranceEnquête Besoins en main-d’œuvre 2026
  2. Communauté urbaine de DunkerqueDunkerque, l’Attractive
  3. DREETS Hauts-de-France et CCI Hauts-de-FranceÉlan industriel et opportunités d’emplois pour la région
  4. InseeBoom de l’emploi à Dunkerque : quels enjeux pour un territoire en déclin démographique ?
  5. Dunkerque l’Énergie Créative20 000 emplois dans le Dunkerquois