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450 millions d’euros pour faire rouler les cars jusqu’en 2035

Trois concessions encadreront jusqu’en 2035 les cars du Cambrésis-Solesmois, de l’Avesnois et de l’Aire urbaine centrale.

Car régional dans le Nord

Le 801 relie Le Cateau-Cambrésis à Cambrai, le 851 passe par Aniche, Orchies et Villeneuve-d’Ascq, le 952 va de Maubeuge à Fourmies. Derrière ces numéros de ligne, la Région prépare trois concessions qui encadreront pendant huit ans l’exploitation d’une large part des lignes interurbaines et scolaires du Nord.

Les avis concernent le Cambrésis-Solesmois, estimé à 110 millions d’euros hors taxes, l’Avesnois, à 100 millions, et l’Aire urbaine centrale, à 240 millions. Les offres sont attendues avant le 28 septembre 2026. Les nouveaux contrats doivent commencer le 1er septembre 2027 pour 96 mois, jusqu’à l’été 2035.

Les 450 millions d’euros cumulés ne constituent pas un chèque versé en une fois. Ils représentent la valeur estimée de l’exploitation confiée aux opérateurs sur toute la durée des contrats, et non un programme de 450 millions d’euros consacré à des cars neufs ou à de nouvelles lignes. Chaque titulaire devra créer une société consacrée au contrat et reprendre les personnels concernés.

Cette somme ne correspond pas non plus à trois marchés strictement enfermés dans le Nord. L’Aire urbaine centrale est un bassin de mobilité qui s’étend de la métropole lilloise et de la Pévèle vers Lens, Béthune et une partie du bassin minier. Elle traverse donc la frontière départementale avec le Pas-de-Calais.

La Région regroupe progressivement les lignes selon des bassins de mobilité qui ne suivent plus toujours les anciennes frontières départementales. Les données régionales distinguent encore quatre périmètres dans le Nord: Flandres, Pévèle, Cambrésis-Solesmois et Avesnois. La Flandre n’apparaît pas dans cette vague de consultations. Le Caudrésis-Catésis, où la compétence a été transférée à l’intercommunalité, prépare pour sa part sa propre délégation de huit ans.

Cette géographie en morceaux vient du transfert des transports interurbains et scolaires des départements aux régions en 2017. La chambre régionale des comptes constatait encore en 2025 que le réseau routier des Hauts-de-France reposait sur les anciens découpages et sur 17 délégations de service public, neuf marchés et deux contrats confiés à la régie régionale. La Région cherchait alors à regrouper progressivement les contrats autour des bassins où se déroulent réellement les déplacements.

Dans les Hauts-de-France, près de 350 lignes régulières transportent chaque jour 280 000 personnes, dont presque 200 000 élèves. Les cars sont ouverts à tous, mais leur offre et leur image restent dominées par le calendrier scolaire. Une ligne peut être indispensable pour aller au lycée tout en restant peu commode pour rejoindre une gare, un emploi ou un rendez-vous en milieu de journée.

Les avis publiés fixent la durée, la valeur et les règles générales des concessions, mais ne rendent pas public le niveau de service détaillé qui sera exigé des futurs opérateurs. Ils assurent donc le renouvellement du service, sans encore établir que les horaires seront plus utiles ou les cars plus réguliers.

Le 1er septembre 2027, personne n’attendra une concession au bord de la route. On attendra le 801, le 851 ou le 952, à l’heure, avec encore un car pour rentrer une fois la journée terminée.

Sources consultées
  1. BOAMPConcession du réseau interurbain et scolaire, Aire urbaine centrale, avis 26-68667
  2. BOAMPConcession du réseau interurbain et scolaire, Cambrésis-Solesmois, avis 26-68668
  3. BOAMPConcession du réseau interurbain et scolaire, Aire Avesnois, avis 26-68669
  4. Région Hauts-de-FranceLocalisation du bassin de mobilité Aire urbaine centrale
  5. Chambre régionale des comptes Hauts-de-FranceLa mobilité dans les Hauts-de-France
  6. Région Hauts-de-FranceHoraires du réseau Arc-en-Ciel, secteurs Pévèle, Cambrésis-Solesmois et Avesnois