
Deux créations d’associations liées à des centres de santé ont été publiées le 7 juillet au Journal officiel, l’une à Pecquencourt, l’autre à Roubaix. La première annonce la gestion et le développement d’un centre de santé de premier et de second recours. La seconde vise des soins médicaux, dentaires et ophtalmologiques.
Ces créations ne sont pas des ouvertures. Elles font apparaître une structure de gestion, avant les autorisations, les recrutements et le travail matériel qui transforme une intention en rendez-vous disponibles. L’accès aux soins ne dépend pas seulement de la présence de médecins, mais de la capacité à organiser autour d’eux un lieu, un gestionnaire, un projet de santé et une équipe.
À Pecquencourt, ce parcours a déjà une histoire municipale. En octobre 2023, la commune a voté le rachat par préemption de l’ancien bâtiment Filieris, rue de Génissiat, pour 120 000 euros, afin de travailler à une maison communale de santé. Le maire évoquait alors le départ prochain de plusieurs médecins. Le dossier est réapparu en conseil municipal en janvier 2026 autour d’une délibération liée au futur centre de santé. Rien, dans les éléments publics consultés, ne relie encore formellement la nouvelle association à ce bâtiment communal. Mais les deux éléments racontent la même pression locale : dans une ville de 6 092 habitants, il ne suffit plus d’attendre que l’offre médicale se maintienne d’elle-même.
Le classement établi par l’ARS confirme cette fragilité. Depuis le 1er janvier 2026, Pecquencourt relève du territoire de vie santé de Lallaing, classé en zone d’action complémentaire pour les médecins généralistes. Ce n’est pas le niveau d’aide maximal des zones d’intervention prioritaire, mais c’est déjà la reconnaissance d’un accès aux généralistes assez fragile pour justifier des soutiens à l’installation.
Roubaix pose le problème à une autre échelle. La ville compte 98 286 habitants et trois quartiers prioritaires de la politique de la ville. L’association CDS Roubaix se place sur les soins médicaux, dentaires et ophtalmologiques, trois mots qui ne sont pas neutres. Depuis la loi de 2023, les centres de santé dentaires, ophtalmologiques ou orthoptiques sont plus strictement encadrés après les dérives constatées dans certaines structures. Une association peut porter un projet. Pour recevoir des patients, il faudra encore passer par l’ARS, le projet de santé, le règlement de fonctionnement, le numéro Finess et, pour ces activités, l’agrément.
La procédure compte parce qu’elle conditionne l’accès réel aux consultations. Un centre de santé n’est pas une maison médicale classique avec des professionnels libéraux côte à côte. Les soignants y sont salariés. La structure doit pratiquer le tiers payant et ne pas facturer de dépassements d’honoraires. Pour les patients, cela peut changer l’accès au soin : moins d’argent à avancer, un cadre plus collectif, parfois une meilleure coordination.
Un statut associatif ne crée ni fauteuil dentaire, ni ophtalmologue, ni créneau de médecine générale. Mais Pecquencourt et Roubaix montrent une évolution nette : l’accès aux soins de proximité devient un travail d’assemblage. À Pecquencourt, il commence par un ancien bâtiment Filieris et une commune qui cherche à retenir une offre médicale. À Roubaix, il passe par un projet encore peu documenté, mais placé d’emblée sur des soins où l’autorisation et le contrôle compteront autant que la plaque sur la porte.
Sources consultées
- DILA / Journal officiel des associations et fondations d’entrepriseASS20260027, annonces JOAFE du 7 juillet 2026
- L’ObservateurPecquencourt : Une maison de santé en projet après le rachat de l’ancien bâtiment de Filieris
- ARS Hauts-de-FranceLe zonage des médecins généralistes en Hauts-de-France
- PAPS Hauts-de-FranceCréer un centre de santé
- Assurance MaladieOuverture d’un centre de santé
- LégifranceLoi n° 2023-378 du 19 mai 2023 visant à améliorer l’encadrement des centres de santé