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À Roubaix, la maison de Lili Keller-Rosenberg prépare la relève de son témoignage

La MEL vote 350 000 € pour la future maison mémorielle Lili Keller-Rosenberg, à l’adresse roubaisienne où elle fut arrêtée enfant.

Maison mémorielle à Roubaix

La Métropole européenne de Lille a voté, le 26 juin, une subvention de 350 000 € pour la future Maison mémorielle Lili Keller-Rosenberg, à Roubaix. Le lieu doit prendre place au 42 boulevard d’Armentières, l’adresse où Lili Keller-Rosenberg a grandi avant d’être arrêtée avec sa famille, le 27 octobre 1943, à 11 ans.

Le projet vise à faire d’une adresse familiale un lieu de transmission sur la déportation des enfants dans le Nord et le Pas-de-Calais. Le Département du Nord a voté en décembre 2025 l’acquisition de l’immeuble pour 320 000 €, afin de le mettre à disposition de l’association Lili Keller Rosenberg. La MEL intervient désormais pour les travaux de rénovation et d’aménagement, dans un projet chiffré à 797 300 € dans sa délibération.

Le dossier métropolitain résume le futur lieu en trois fonctions : conserver et transmettre les témoignages de Lili Keller-Rosenberg, créer un centre d’information et de documentation, et installer un espace de vigilance et d’éveil des jeunes. Ces objectifs prennent un autre relief dans la maison elle-même : une parcelle cadastrale de 112 m², étroite au point que la MEL évoque déjà une possible extension sur un second site à proximité, financée par des fonds privés, pour accueillir des groupes et des scolaires.

Lili Keller-Rosenberg, née en 1932 à Croix dans une famille juive d’origine hongroise, a été arrêtée à Roubaix avec ses parents et ses deux frères. Après Loos, Bruxelles et Malines, son père est séparé du reste de la famille. Elle, sa mère et ses frères sont déportés à Ravensbrück, puis à Bergen-Belsen, où ils sont libérés en avril 1945. Depuis des décennies, elle raconte cette histoire aux élèves, souvent en partant de l’enfance perdue, de la maison, de l’incompréhension devant la violence.

C’est ce passage de la voix au lieu qui donne sa force au projet roubaisien. Tant que Lili Keller-Rosenberg témoigne, la mémoire tient dans une présence, une manière de raconter, une adresse donnée à des jeunes. La maison mémorielle devra prolonger cela sans le figer : faire comprendre que la déportation des enfants n’est pas seulement un fait d’histoire générale, mais aussi une histoire arrivée dans une rue du Nord, à une famille qui y vivait.

Roubaix a déjà commencé ce travail dans l’espace public. En mai 2025, des Stolpersteine ont été posés devant le dernier domicile roubaisien de la famille, avec les noms gravés au niveau du trottoir. La future maison mémorielle ajoute une autre échelle : non plus seulement s’arrêter devant une pierre, mais entrer dans un lieu pensé pour les élèves, les archives et les récits.

Le programme complet d’ouverture au public n’est pas encore stabilisé dans les sources consultées. Mais la décision de la MEL fait avancer le projet : le 42 boulevard d’Armentières n’est plus seulement l’ancienne maison d’une rescapée. Il devient l’ancrage roubaisien d’une mémoire que la ville veut transmettre, pièce par pièce, aux générations qui n’auront bientôt plus de témoins directs devant elles.

Sources consultées
  1. Métropole européenne de LilleRecueil des délibérations du Conseil métropolitain du 26 juin 2026
  2. Conseil départemental du NordProcès-verbal du Conseil départemental du 8 décembre 2025
  3. Département du NordLe Département achète la maison de Lili Keller-Rosenberg pour en faire un lieu de mémoire
  4. Association Lili Keller RosenbergBiographie
  5. Les derniers survivants de la ShoahLili Leignel
  6. RoubaixXLRoubaix ancre la mémoire dans l’espace public