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À Crespin, le solaire s’installe sur des friches qui ne sont pas vides

Deux parcs solaires sont soumis à enquête publique à Crespin, sur d’anciennes friches industrielles. Le dossier mêle énergie, urbanisme et milieux naturels.

Illustration de friches solaires

À Crespin, deux parcs solaires photovoltaïques sont soumis à enquête publique du 22 juin au 24 juillet 2026. Le projet, porté par e-sweet energies à travers les sociétés Parc solaire Crespin Nord et Parc solaire Crespin Sud, doit encore passer par trois verrous: les permis de construire, la mise en compatibilité du PLUi de Valenciennes Métropole et une autorisation de défrichement pour le site sud.

L’affaire paraît simple: poser des panneaux sur d’anciens terrains industriels plutôt que consommer des terres agricoles. Elle l’est beaucoup moins dès qu’on regarde le sol. Crespin Nord est prévu dans le secteur du Marais, sur une ancienne friche ayant accueilli une zone de dépôt et d’enfouissement de déchets jusqu’en 2021. Crespin Sud prendrait place vers la rue de la Douane-Prolongée, sur une ancienne friche gazière, avec des boisements au sud.

Les chiffres donnent l’ordre de grandeur: 6,6 hectares, 11 816 modules et 7,27 MWc pour Crespin Nord; 3,5 hectares, 6 524 modules et 4,02 MWc pour Crespin Sud. Les deux emprises sont distantes d’environ 1,8 km. L’électricité serait injectée sur le réseau Enedis par des postes de conversion, transformation et livraison. L’exploitation est annoncée pour au moins vingt ans, avec une durée possible de quarante ans.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de Valenciennes Métropole. Dans son bilan de plan climat, l’agglomération cite le développement du photovoltaïque sur les terrains de Crespin, mais aussi sur l’aérodrome de Prouvy et des fonciers industriels comme Toyota et Alstom. Elle indique avoir 12 centrales solaires en développement, au sol ou sur parkings, et un schéma solaire appuyé sur des friches et des surfaces déjà artificialisées.

Crespin montre cependant pourquoi cette voie, souvent présentée comme la plus raisonnable, reste une affaire de précision. Une friche n’est pas une page blanche. L’autorité environnementale relève que le site se trouve dans le parc naturel régional Scarpe-Escaut, à proximité du bassin minier inscrit à l’Unesco et à environ 900 mètres de l’ancienne abbaye bénédictine de Crespin. Elle pointe aussi des zones humides, des fourrés ripicoles, des boisements, de la faune et des continuités écologiques. La variante retenue pour Crespin Sud évite près de deux hectares de boisement; celle de Crespin Nord maintient notamment une prairie et plusieurs zones humides au cœur de la zone d’étude.

La même autorité demande encore des compléments, dont un bilan carbone et une estimation annuelle de la production d’électricité, absente du dossier qu’elle a examiné. Cette absence compte: la puissance installée dit la taille technique d’un parc, pas ce qu’il produira effectivement chaque année.

Les habitants peuvent consulter le dossier sur la page d’enquête publique de la mairie de Crespin et formuler leurs observations en mairie, sur registre ou par courrier. Le commissaire-enquêteur tient trois permanences: le 22 juin au matin, le 8 juillet après-midi et le 24 juillet après-midi.

Après l’enquête, Valenciennes Métropole devra se prononcer sur la mise en compatibilité du PLUi. Le préfet du Nord statuera ensuite sur les permis. À Crespin, le solaire avance donc par les friches, les zonages, les boisements évités et les autorisations encore nécessaires.

Sources consultées
  1. Valenciennes MétropoleUrbanisme - Déclaration de projet valant mise en compatibilité du PLUi n°4 – Crespin
  2. Ville de CrespinEnquêtes publiques - Parc Solaire de Crespin Nord et Parc Solaire de Crespin Sud - E Sweet Energies
  3. Mission régionale d’autorité environnementale Hauts-de-FranceAvis délibéré n°2025-8941 et 2025-8942 sur le projet de création de deux parcs photovoltaïques au sol sur la commune de Crespin
  4. Valenciennes MétropoleBilan à mi-parcours du Plan Climat Air Énergie Territorial 2020-2026