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À Bettignies, la frontière commence aussi à l’arrêt de bus

Sambre Mobilités prépare un pôle d’échange à Bettignies pour rendre la liaison Maubeuge-Mons plus accessible sans dépendre de la voiture.

Illustration - Arrêt de bus frontalier

À Bettignies, Sambre Mobilités prépare la phase de travaux d’un pôle d’échange multimodal transfrontalier. Le marché publié au BOAMP porte sur un aménagement modeste, mais il touche à une question très quotidienne dans le Nord frontalier : comment rejoindre la liaison Maubeuge-Mons sans commencer par prendre sa voiture ?

Le syndicat a inscrit en 2026 la totalité des crédits nécessaires à la réalisation du PEM de Bettignies, soit environ 420 000 euros. Côté recettes, son rapport d’orientations budgétaires prévoit 250 000 euros de fonds Interreg pour l’opération. Les pièces publiques consultées ne donnent pas encore le détail physique du chantier, ni le nombre de places ou d’équipements prévus.

Dans ses documents, Sambre Mobilités décrit ces pôles comme des lieux où peuvent se regrouper ce qui manque souvent aux déplacements ordinaires : arrêt de bus, abri voyageurs, stationnement voiture, abris pour vélos et trottinettes, point de covoiturage, transport à la demande ou sur réservation. Autrement dit, de quoi traiter le premier et le dernier kilomètre, ceux qui décident souvent si un bus devient une vraie option ou seulement une ligne sur un plan.

Bettignies n’a pas été choisi au hasard. La ligne 41 Maubeuge-Mons y passe déjà, avec l’arrêt « Bettignies Le Village ». Dans sa stratégie 2026-2030, Sambre Mobilités présente le PEM comme un outil pour améliorer la mobilité entre Maubeuge et Mons, en donnant plus d’autonomie aux étudiants, aux personnes non motorisées et aux travailleurs frontaliers. La desserte reste limitée : la fiche horaire de la ligne 41 indique plusieurs courses en semaine, sans circulation les dimanches et jours fériés.

Un pôle d’échange ne remplace pas une fréquence de bus, ne règle pas les horaires atypiques et ne transforme pas seul les habitudes. Mais il peut retirer une partie du frottement : où laisser son vélo, où attendre, comment rejoindre un arrêt, comment combiner bus, marche, covoiturage ou transport à la demande.

Dans les Hauts-de-France, environ 36 000 personnes résidaient en 2021 dans la région tout en travaillant en Belgique, selon l’Insee. La zone d’emploi de Maubeuge fait partie des plus concernées, avec environ 6 200 navetteurs vers la Belgique. Ces trajets se font très largement en voiture, en partie parce que les distances sont longues et parce que l’offre de transport collectif reste faible hors de la métropole lilloise.

Le PEM de Bettignies ressemble donc moins à une grande annonce qu’à un maillon concret du réseau. Pour un coût mesuré et avec un appui européen significatif, il essaie de rendre plus praticable une liaison qui existe déjà. Sa réussite dépendra de choses simples : une offre lisible, des correspondances supportables, des abris utiles, un accès vélo ou voiture qui ne décourage pas avant même de monter dans le bus.

À Bettignies, la mobilité transfrontalière ne se joue pas seulement au passage de la frontière. Elle commence au bord de la route, à l’endroit où l’on choisit entre attendre la ligne 41 vers Mons ou reprendre le volant.

Sources consultées
  1. BOAMPTravaux d’aménagement d’un Pôle d’Échange Multimodal transfrontalier sur la commune de Bettignies, avis n°26-58182
  2. Sambre MobilitésRapport d’orientations budgétaires 2026
  3. Sambre MobilitésBilan et Perspectives 2023-2025, perspectives 2026-2030
  4. STIBUSHoraires ligne 41, Maubeuge-Mons / Mons-Maubeuge
  5. InseeTravailleurs frontaliers vers la Belgique : des trajets domicile-travail presque 3 fois plus longs que ceux des autres actifs