Le Syndicat de l’Eau du Dunkerquois prépare un cadre de travaux pour les quatre prochaines années sur ses réseaux d’eau potable, d’eau industrielle et d’assainissement. L’avis publié début juin prévoit un accord-cadre de 48 mois, avec une valeur maximale de 17,2 M€.
Le marché est divisé en deux lots : 7,2 M€ pour les conduites de moins de 300 mm de diamètre, 10 M€ pour celles de 300 mm et plus. En clair, le syndicat veut pouvoir intervenir aussi bien sur les tuyaux ordinaires que sur les grosses conduites qui structurent le réseau. Les offres sont attendues jusqu’au 17 juillet 2026.
Ce n’est pas un chantier avec une rue déjà désignée. C’est une capacité de travaux. Le SED pourra renouveler une canalisation vieillissante, renforcer une portion trop juste, ou prolonger un réseau là où un besoin apparaît. Le coût exact dépendra donc des commandes passées ensuite. Le marché donne une enveloppe et un outil, pas encore la carte des tranchées.
L’intérêt local est là. Dans le Dunkerquois, l’eau ne se résume pas au robinet. Le syndicat rassemble 29 communes, dessert environ 220 000 habitants et gère 1 600 km de réseau d’eau potable. Mais il porte aussi un réseau d’eau industrielle séparé, créé en 1971 pour éviter que les usines utilisent de l’eau potable dans leurs procédés. Cette eau brute vient du canal de Bourbourg, alimente 16 grands clients industriels et représente plus de 24 millions de m³ consommés par an.
Cette séparation est un choix très concret du territoire. Le Dunkerquois a beau être bordé par la mer, les canaux et les wateringues, son eau potable vient d’ailleurs : du champ captant de Houlle-Moulle, à une quarantaine de kilomètres, près de Saint-Omer. Pour les habitants, préserver cette ressource suppose de ne pas la confondre avec les besoins de process industriels.
Après le sujet déjà traité à Gravelines autour des réseaux liés aux futurs EPR, ce nouvel accord-cadre a une portée plus générale. Il ne cible pas un seul corridor technique. Il prépare l’entretien, l’adaptation et les extensions d’un système entier, dans un territoire où les nouvelles implantations économiques ne dépendent pas seulement du foncier, du port ou de l’électricité. Elles dépendent aussi de conduites disponibles au bon endroit.
L’assainissement ajoute une contrainte plus discrète : l’eau doit aussi être collectée, traitée, puis parfois réutilisée. Le SED travaille déjà, avec d’autres acteurs locaux, sur l’économie circulaire de l’eau : réutiliser certains flux, mieux suivre les prélèvements, réfléchir aux usages possibles des eaux traitées.
La lecture la plus juste est donc celle d’un investissement de prévention et de capacité. Rien ne dit encore quelles communes verront les premières interventions. Mais attendre que les réseaux saturent ou cassent coûte souvent plus cher que préparer les entreprises, les marchés et les diamètres avant l’urgence. Dans le Dunkerquois, la réindustrialisation ne passera pas seulement par des permis, des quais et des mégawatts. Elle passera aussi par des canalisations enterrées sous les routes.
Sources consultées
- France Marchés / BOAMPRenouvellement, renforcement ou extension de réseaux d’alimentation en eau potable, eau industrielle et assainissement, avis n° 26-55047
- Syndicat de l’Eau du DunkerquoisPrésentation
- Syndicat de l’Eau du DunkerquoisProduction et distribution d’eau potable
- Syndicat de l’Eau du DunkerquoisProduction et distribution d’eau industrielle
- Syndicat de l’Eau du DunkerquoisAccompagnement du territoire