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À Dunkerque, une machine pour suivre la suie en temps réel

L’ULCO veut installer à Dunkerque un analyseur de carbone suie et de carbone brun pour mieux lire les particules liées aux combustions.

Analyseur de suie à Dunkerque

Dans un laboratoire de l’ULCO, avenue Maurice-Schumann à Dunkerque, une machine doit bientôt mesurer en temps réel une part de ce que l’on respire sans le voir: le carbone suie et le carbone brun.

L’Université du Littoral Côte d’Opale a publié, le 29 mai, un marché pour la fourniture, la livraison, l’installation et la mise en service de cet analyseur. Les offres sont attendues jusqu’au 19 juin à midi. Le lieu de livraison est précis: le bâtiment MREI 1, au sein de l’Unité de Chimie Environnementale et Interactions sur le Vivant, l’UCEIV.

L’intérêt de l’appareil tient dans deux mots: temps réel. Il ne s’agit pas seulement de savoir qu’il y a des particules dans l’air. Il s’agit de suivre leurs variations, de mieux comprendre les traces laissées par les combustions et de tester des hypothèses sur leurs sources.

Le carbone suie, ou black carbon, provient de combustions incomplètes: moteurs, chauffage, combustibles fossiles, biomasse. Le carbone brun, moins connu, désigne une partie des aérosols organiques capables d’absorber la lumière. La distinction peut sembler mince. À Dunkerque, elle peut compter. Entre port, industrie, routes, quartiers habités et vents du littoral, l’air local n’a pas une seule histoire.

Ce type d’équipement sert précisément à démêler ces traces. Un indice général de qualité de l’air dit qu’un niveau monte ou baisse. Une mesure plus fine peut aider à comprendre quand cela varie, avec quelles signatures, et dans quel contexte. Elle ne donne pas automatiquement une cause unique. Elle offre de meilleurs indices.

L’achat s’inscrit dans un terrain scientifique déjà local. L’UCEIV travaille sur les polluants atmosphériques gazeux et particulaires, les PM10, PM2,5, les particules ultrafines et leurs effets toxiques, notamment respiratoires. L’une des thèses signalées par le laboratoire porte sur la toxicité des émissions atmosphériques issues des zones industrielles et portuaires de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Autrement dit, l’appareil n’arrive pas dans un laboratoire abstrait: il rejoint une équipe qui regarde déjà l’air des territoires industriels.

Le contexte régional confirme l’intérêt du sujet. Atmo Hauts-de-France a déjà consacré un rapport au black carbon dans la région sur la période 2015-2020, et rappelle dans son bilan 2025 que la pollution de l’air reste d’abord une question d’exposition chronique. Mais l’analyseur de l’ULCO n’est pas, à ce stade, un nouveau dispositif public de surveillance. L’avis de marché annonce un outil de recherche, pas une carte quotidienne de la suie dans le Dunkerquois.

La nuance est importante. Ce marché ne dit pas encore si les mesures seront publiées, comment elles seront exploitées, ni à quelle échelle l’air sera échantillonné. Il fixe en revanche un lieu, une compétence et un outil. À Dunkerque, la suie pourra désormais être suivie comme une donnée, minute par minute.

Sources consultées
  1. France MarchésAvis de marché - Avis n° 26-52848 du 29/05/2026
  2. Université du Littoral Côte d’OpaleMarchés publics
  3. UCEIV, Université du Littoral Côte d’OpaleCoordonnées et Accès
  4. UCEIV, Université du Littoral Côte d’OpaleEquipe Chimie et Toxicologie des émissions atmosphériques (CTEA)
  5. Atmo Hauts-de-FranceEvaluation du black carbon en Hauts-de-France - 2015-2020