Le vendredi, jour de marché, la petite navette gratuite de Caudry peut monter jusqu’à une trentaine de passagers. Les autres jours, elle tourne plutôt autour d’une dizaine. Elle relie le centre-ville, les pharmacies, les commerces de périphérie, Audencourt et la gare routière. Ce petit trajet dit bien ce que vaut un transport local : il compte surtout quand on n’a pas d’autre solution simple.
Cette navette, le Transport collectif caudrésien, entre désormais dans un sujet plus large. La Communauté d’agglomération du Caudrésis et du Catésis vient de lancer une délégation de service public pour l’exploitation de ses transports routiers urbains, interurbains et scolaires. Le contrat est estimé à 28 millions d’euros hors taxes, pour une durée prévue de 96 mois. Les offres sont attendues jusqu’au 31 août 2026.
Le périmètre dit beaucoup du fonctionnement quotidien du territoire. La consultation vise cinq lignes de proximité reliant les communes aux deux bourgs-centres, Caudry et Le Cateau-Cambrésis, la ligne urbaine TCC à Caudry, les doublages scolaires de ces lignes et, en option, du transport à la demande.
Sur les cartes de transport ouvertes, ces cinq lignes apparaissent déjà comme l’ossature locale : 846 Caudry-Bertry-Le Cateau, 847 Villers-Outréaux-Caudry, 848 Caudry-Busigny-Le Cateau, 849 Avesnes-les-Aubert-Caudry et 850 Mazinghien-Le Cateau. Derrière ces lignes, il y a des horaires de collège, des courses, des gares et des rendez-vous médicaux.
Le changement institutionnel a déjà eu un effet très concret à Caudry. Depuis la prise de compétence mobilité par l’agglomération, la ville ne pouvait plus exploiter seule, durablement, un transport urbain régulier. Fin 2025, la CA2C a donc régularisé la situation du TCC, maintenu sa gratuité pour 2026 et prévu une enveloppe de 79 600 euros hors taxes pour conserver les courses, le tracé et les arrêts existants.
Le nouveau contrat élargit cette question à l’échelle du Caudrésis-Catésis : 46 communes, environ 63 600 habitants, 373 km². Dans un territoire pareil, la question n’est pas seulement de savoir qui conduira les autocars. Elle est de savoir si une ligne passe au bon moment, si un doublage scolaire absorbe les flux du matin, si un habitant d’un village peut rejoindre Caudry ou Le Cateau sans dépendre d’un proche, et si le transport à la demande restera une option théorique ou deviendra un vrai complément.
La consultation ne permet pas encore d’annoncer une amélioration de l’offre. Ce serait aller trop vite. Les pièces du contrat diront ce qui change vraiment : horaires, amplitudes, information voyageurs, qualité de service, éventuel transport à la demande. Mais l’avis publié ouvre déjà une fenêtre utile. Pour les familles et les usagers réguliers, le bon moment pour regarder un réseau de bus n’est pas quand le car manque à l’arrêt. C’est maintenant, avant que les horaires, les obligations de service et le prochain exploitant soient arrêtés.