Un sac noir sorti moins souvent. Des épluchures qui finissent dans un composteur plutôt que dans le camion. Une chaise réparée ou donnée avant de partir en benne. À Dunkerque, la prochaine étape de la politique des déchets ne se joue pas seulement au moment du tri. Elle commence avant la poubelle.
La Communauté urbaine de Dunkerque consulte les habitants sur son Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés. Le cap est chiffré: passer de 659 kg de déchets ménagers et assimilés par habitant en 2021 à 509 kg en 2030. En 2024, la collectivité indique avoir collecté et traité 126 922 tonnes de déchets.
Le sujet n’est donc pas seulement de mieux orienter les sacs, les cartons et les encombrants une fois qu’ils existent. Il est d’éviter qu’une partie d’entre eux arrive dans les bacs, les déchèteries et les tournées. Le changement est concret: moins jeter, c’est aussi moins transporter, moins traiter, moins solliciter les équipements.
Le programme avance plusieurs leviers familiers, à condition qu’ils soient accessibles: compostage dans les copropriétés, les entreprises ou les administrations, accompagnement sur les biodéchets, développement du réemploi, réparation, récupération d’objets, lieux de don, solutions autour des déchets verts. Une chaise réparable ne coûte pas la même chose au service public selon qu’elle trouve une seconde vie ou qu’elle finit directement en benne. Même logique pour les restes alimentaires: sans composteur proche et entretenu, ils restent un volume de plus à collecter.
C’est là que la consultation peut avoir un intérêt réel, à condition de partir du terrain. Dans une résidence sans solution pour les biodéchets, dans un quartier où le lieu de réemploi est trop loin, dans une commune où les déchets verts prennent trop vite le chemin de la déchèterie, les habitants voient souvent avant l’institution ce qui bloque. Leur contribution ne consiste pas forcément à commenter tout le programme. Elle peut servir à dire: ici, il manque une solution simple.
La participation se fait en ligne sur la plateforme “Changer la vie ensemble”. Des registres papier sont aussi annoncés au siège de la communauté urbaine et dans les accueils des communes et communes associées.
Pour les habitants, la bonne question est presque domestique: qu’est-ce qui part aujourd’hui à la poubelle faute de mieux? Si la réponse est précise, elle vaut mieux qu’un grand discours sur les déchets. Et elle a l’avantage de tenir dans un bac, ce qui est déjà un bon début.