Des appartements à racheter, des occupants à accompagner, un parking souterrain à démolir: aux Épis, le dossier Alexia n’est plus seulement une affaire de copropriétaires. Douaisis Agglo a confié à CDC Habitat Action Copropriétés, avec Maisons & Cités, le recyclage des copropriétés Alexia I, II et III, à Sin-le-Noble.
Le contrat a été conclu le 30 avril 2026, pour six ans. Montant annoncé: 29,1 millions d’euros. L’opération s’inscrit dans le renouvellement urbain du quartier des Épis, classé quartier d’intérêt national, où les documents de cadrage évoquent notamment 250 logements privés concernés dans les copropriétés Alexia.
Dans les pièces du marché, le mot employé est « recyclage ». En clair, l’opérateur doit retrouver les propriétaires, acquérir les biens, sécuriser les immeubles, accompagner le relogement des occupants, dissoudre les copropriétés, démolir les bâtiments et le parking souterrain, puis remettre les terrains en état avant leur cession à Douaisis Agglo ou à la ville.
La différence avec une opération classique sur du logement social tient à la propriété elle-même. Une copropriété, ce n’est pas un seul bailleur et une seule chaîne de décision. Ce sont des lots, des tantièmes, des assemblées générales, des charges, parfois des impayés, et des décisions qui peuvent se bloquer longtemps. Quand la collectivité veut débloquer la situation, elle doit d’abord démêler cette mécanique.
Le périmètre direct est réduit, un peu plus de 4 100 m². Le coût, lui, dit autre chose: la valeur de revente du terrain ne suffit pas à financer l’opération. L’Agence nationale pour la rénovation urbaine apporte 20,9 millions d’euros, dans la limite de 80% du déficit. La France compte environ 1,5 million de logements en copropriétés fragiles ou dégradées; à Sin-le-Noble, cette pression nationale prend une forme très concrète, celle d’un îlot privé que la collectivité reprend morceau par morceau.
La suite se jouera moins dans les grands mots du renouvellement urbain que dans des questions très concrètes: qui est relogé, quand, comment les acquisitions avancent, et ce qui sera rendu au quartier une fois les immeubles partis. Pour les habitants, le premier progrès sera peut-être là: savoir qui tient le dossier, et dans quel ordre les choses vont enfin bouger.