
La panne des sites préfectoraux a débuté mardi 6 octobre vers 10 h 15. À midi, elle se poursuivait toujours sur l’ensemble du périmètre départemental couvert par La Clé Publique. Dans le Nord, en Gironde, dans le Calvados, les Hauts-de-Seine, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne et l’Eure, les portails renvoyaient la même erreur : « 502 Bad Gateway ».
Même résultat en Seine-Maritime, dans le Rhône, les Alpes-Maritimes, les Yvelines, le Val-d’Oise, l’Essonne, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. De la Normandie à Toulouse et de Lille à Nice, aucun des portails départementaux contrôlés dans les zones suivies par La Clé Publique n’était revenu en ligne à midi.
Le reste de l’administration numérique française n’est pas tombé avec eux. Le site du ministère de l’Intérieur et Service-Public.fr fonctionnent normalement. Les portails des préfectures de région d’Île-de-France et du Grand Est répondent eux aussi, alors même qu’ils renvoient vers des sites départementaux devenus inaccessibles.
La panne touche donc une couche bien particulière : les portails départementaux qui publient les informations locales de l’État, les arrêtés, les recueils d’actes administratifs et les modalités de nombreuses démarches. Elle ne signifie pas que toutes les démarches administratives en ligne sont interrompues.
Le point commun entre ces sites apparaît dans leurs propres mentions légales. Dans les Yvelines et en Gironde, l’hébergement est officiellement assuré par le Secrétariat général pour l’administration du ministère de l’Intérieur, le SGAMI de Metz.
Le cas de la Haute-Garonne est encore plus explicite : la préfecture distingue « l’hébergement », confié au SGAMI Est, du « soutien technique », assuré par le SGAMI Sud. Son site est lui aussi en erreur 502 mardi matin.
Cette organisation est moins évidente qu’elle n’en a l’air. Le ministère dispose de sept SGAMI en France hexagonale, chacun chargé d’une zone de défense et doté de compétences numériques. Pourtant, l’hébergement de portails préfectoraux situés très loin de la zone Est est bien déclaré à Metz.
Il existe donc une mutualisation nationale documentée derrière au moins une partie importante des sites actuellement indisponibles. C’est un mécanisme capable d’expliquer une panne simultanée, mais pas encore l’explication de la panne elle-même. Les éléments disponibles ne permettent pas d’établir quel équipement, service ou prestataire est défaillant, ni d’attribuer l’incident au SGAMI Est.
L’erreur 502 indique qu’une passerelle web n’obtient pas correctement la réponse attendue en amont. Une panne de serveur, de réseau ou de configuration peut produire ce résultat, comme certaines attaques informatiques. Aucune cause officielle n’était publiée à midi : le code affiché ne permet donc pas de conclure à une cyberattaque.
La panne donne néanmoins à voir quelque chose que les sites eux-mêmes rendent habituellement invisible : derrière des dizaines d’adresses départementales et autant de préfectures, une partie de la présence web territoriale de l’État partage une infrastructure d’hébergement. À midi, les portails régionaux continuaient ainsi d’afficher leurs listes de départements. Plusieurs de leurs liens conduisaient toujours au même endroit : « 502 Bad Gateway ».
Sources consultées
- Préfecture du NordSite des services de l’État dans le Nord
- Préfecture de La RéunionSite des services de l’État à La Réunion
- Préfecture des YvelinesMentions légales
- Préfecture de la Haute-GaronneMentions légales
- Préfecture de la MartiniqueMentions légales
- Ministère de l’IntérieurLes secrétariats généraux pour l’administration du ministère de l’Intérieur