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Quand un lycée ne peut plus ouvrir : après les violences, les cours peuvent basculer à distance

À Nantes, le lycée Nelson-Mandela devrait rester fermé plusieurs semaines. Dans les établissements les plus touchés, la question ne se limite plus aux portes bloquées.

Illustration - Lycée après des dégradations

À Nantes, le blocage du lycée Nelson-Mandela aura duré quelques heures. Ses conséquences pourraient durer plusieurs semaines.

Jeudi 1er octobre au matin, un incendie a détruit le hall de cet établissement de plus de 1 700 élèves et étudiants et s’est propagé à sa façade. Le feu a été maîtrisé sans blessé signalé. La proviseure adjointe, Gaëlle Cordier, l’a qualifié de volontaire, sans en préciser l’origine. La direction a indiqué à RTL que le lycée devrait rester fermé plusieurs semaines.

Un blocage empêche d’entrer dans un établissement pendant quelques heures. Un bâtiment incendié peut empêcher d’y enseigner bien après le départ des manifestants.

À Marseille, la même question de sécurité s’est posée sous une autre forme. Au lycée Victor-Hugo, le parquet a confirmé à Reuters l’agression et les blessures du proviseur. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur affirme que le proviseur, son adjoint, la secrétaire générale et un chef d’équipe ont été agressés et aspergés d’essence. Ces deux formulations ne se recouvrent pas entièrement : l’agression du proviseur est confirmée judiciairement, tandis que le bilan concernant les quatre personnels provient à ce stade de la Région.

Les auteurs et leur éventuel lien avec les organisations lycéennes restent à établir. Les violences observées dans certains établissements ne décrivent pas l’ensemble du mouvement, né de revendications portant notamment sur les remplacements d’enseignants, les effectifs, les moyens et l’état des bâtiments.

L’ampleur nationale elle-même demande un peu de prudence. Les remontées policières faisaient état jeudi matin de 340 actions devant des lycées, dont 169 blocages. Le ministère de l’Éducation nationale recensait de son côté 45 blocages totaux et 46 tentatives de blocage. Ces chiffres mesurent des catégories différentes et ne peuvent pas être additionnés ou comparés comme deux estimations d’un même total.

La réponse nouvelle porte donc moins sur le nombre de portes bloquées que sur ce qu’il faut faire lorsqu’elles ne peuvent plus rouvrir.

Édouard Geffray a demandé jeudi que les enseignements soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocages empêchent d’accueillir les élèves en sécurité. La décision ne doit pas être automatique : elle sera prise au cas par cas par le chef d’établissement, avec les autorités académiques, et le préfet devra être informé afin de coordonner la sécurisation des abords.

Le distanciel devient ainsi une solution de continuité face à deux situations très différentes. Il peut contourner un blocage qui rend momentanément l’accès impossible. Il peut aussi permettre de maintenir des cours lorsqu’une dégradation a rendu le bâtiment lui-même indisponible.

Le gouvernement a réuni jeudi à 13 heures une cellule interministérielle de crise. Le ministre de la Justice doit également réunir à 17 h 30 les procureurs généraux afin d’évoquer la réponse pénale aux violences.

Mais pour les élèves de Nelson-Mandela, la conséquence la plus immédiate est déjà connue. Le feu est éteint. Le lycée, lui, pourrait rester fermé plusieurs semaines.

Sources consultées
  1. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, publication du 1er octobre reproduite par News TankBlocus des lycées : des cours possibles à distance sur décision des chefs d’établissements concernés
  2. ReutersAttackers douse teacher in petrol as student protests rage across France
  3. Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, déclaration reprise par LaPresseFrance, nouvelles manifestations dans les lycées : un proviseur aspergé d’essence à Marseille
  4. RTLBlocage des lycées : les images d’un établissement en feu à Nantes, l’incendie est « volontaire » d’après la direction
  5. AFP, via BoursoramaRejoint par les étudiants, le mouvement lycéen se tend : Lecornu convoque une cellule de crise
  6. Le MondeEn direct, blocage des lycées : des établissements affectés partout en France