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Commerces sinistrés à Lyon : six millions d’euros d’avances et une aide à la sécurité sous condition

Adopté le 28 octobre, le fonds métropolitain de 10 millions d’euros mêle subventions, avances remboursables et aide à la sécurité liée à la politique de la commune.

Illustration de commerces lyonnais sinistrés

Le fonds d’urgence de 10 millions d’euros, annoncé le 19 octobre puis adopté le 28 octobre par la Métropole de Lyon, combine soutien à la reprise et incitation à renforcer la sécurité. Six millions sont réservés à des avances de trésorerie à taux zéro que les entreprises devront rembourser. Le million consacré aux équipements de sécurité dépend aussi des engagements pris par la commune où se trouve le commerce.

La Métropole avait recensé entre 150 et 200 commerces touchés lors des pillages du 17 octobre. Trois millions d’euros financent la remise en état, avec une subvention pouvant atteindre 30 000 euros par établissement, complétée par 3 000 euros de la CCI. Six millions sont destinés aux avances remboursables, plafonnées à 100 000 euros par établissement. Elles peuvent financer la trésorerie, la reconstitution des stocks ou les pertes d’exploitation. Pour une avance demandée au titre d’une perte d’exploitation, l’entreprise doit justifier d’une baisse d’au moins 20 % par rapport à la même période de 2025, imputable aux violences. Le remboursement commence après douze mois de différé et s’étale sur 36 mois au maximum.

Le dernier million finance les équipements de protection : rideaux et grilles anti-effraction, vitrages renforcés, alarmes ou systèmes de vidéosurveillance intérieure. La subvention peut atteindre 15 000 euros par établissement.

Les trois aides sont cumulables. Le plafond global atteint 145 000 euros par bénéficiaire pour la part métropolitaine, jusqu’à 148 000 euros en incluant la contribution de la CCI. Ce maximum additionne toutefois deux subventions et une avance à rembourser. Les dépenses doivent être justifiées et avoir été engagées entre le 29 septembre et le 31 décembre 2026. Le plafond européen des aides de minimis est de 300 000 euros sur trois ans par entreprise, en tenant compte des autres aides de minimis déjà perçues.

Le volet sécurité introduit la condition la plus discutée. Le règlement réserve cette subvention aux établissements situés dans une zone d’une commune engagée dans une démarche de renforcement de la sécurité des biens et des personnes, notamment par la vidéoprotection. Cette exigence ne concerne donc pas les deux autres volets du fonds.

Cette disposition a suscité des objections au conseil métropolitain. Les élus écologistes et socialistes ont dénoncé une rupture d’égalité : un commerçant victime de dégradations ne choisit pas la politique de sécurité de son maire. L’exécutif estime qu’une boutique ne peut être durablement protégée si la rue qui l’abrite reste vulnérable. Selon Lyon Capitale, Véronique Sarselli a précisé que la restriction ne viserait que les communes dépourvues de toute caméra de vidéoprotection. Les commerçants lyonnais resteraient donc éligibles, la majorité des établissements dégradés se trouvant en Presqu’île.

Le raisonnement de l’exécutif se tient sur un point : la sécurité d’un commerce dépend aussi de celle de la rue. Mais le fonds utilise également l’aide économique pour inciter les communes à renforcer leur équipement de vidéoprotection. Un commerçant peut donc remplir les conditions liées aux dégâts et à son activité sans maîtriser le choix municipal dont dépend sa subvention de sécurité.

Le dispositif vise les établissements situés dans une zone touchée de la Métropole, disposant d’un local en rez-de-chaussée accueillant du public et ayant subi des dégradations directement liées aux violences. Ils doivent compter de 0 à 49 salariés ; l’entreprise doit être inscrite au RCS ou au RNE et à jour de ses obligations fiscales et sociales. Les demandes passent par la CCI Lyon Métropole, qui vérifie la pré-demande et contacte le commerçant pour compléter et signer le formulaire officiel. Les services métropolitains assurent ensuite l’instruction et l’attribution.

Les professionnels concernés peuvent déposer une pré-demande en ligne auprès de la CCI, ou appeler le 04 72 40 59 59. La transmission en ligne ne vaut ni dépôt complet ni décision d’attribution.

Pour réparer la boutique, le commerçant justifie les dégâts et les dépenses ; pour la sécuriser, il doit aussi compter avec la politique de sa commune.

Sources consultées
  1. Métropole de LyonLa Métropole de Lyon mobilise dix millions d’euros pour les commerces
  2. Métropole de LyonRèglement du fonds d’aide d’urgence aux commerçants, artisans et entreprises victimes des émeutes urbaines et incidents liés aux manifestations sociales
  3. CCI Lyon Métropole Saint-Étienne RoannePré-demande d’aide d’urgence | Métropole de Lyon & CCI
  4. Lyon CapitaleMétropole de Lyon : l’opposition dénonce l’aide aux commerçants conditionnée par la vidéoprotection