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Près de Lyon, on retire le béton d’un ruisseau pour mieux gérer les crues

À Oullins-Pierre-Bénite et Saint-Genis-Laval, le Sanzy retrouve un lit naturel. Un chantier de 230 000 euros qui mise sur les sols et les zones humides pour limiter les inondations.

Illustration - Ruisseau renaturé et berges végétalisées

Dans le parc de Sanzy, à Oullins-Pierre-Bénite, un petit ruisseau débordait parfois jusque sur l’aire de jeux. Pour limiter ces inondations, les collectivités ont choisi une solution surprenante : retirer les murs et le béton qui encadraient son cours, afin de lui rendre de l’espace.

Depuis le printemps 2026, le Syndicat du bassin de l’Yzeron (Sagyrc) restaure progressivement le Sanzy, entre Oullins-Pierre-Bénite et Saint-Genis-Laval. Les travaux coûtent environ 230 000 euros. Sur ce montant, 70 000 euros relèvent du financement du Sagyrc, auquel contribue notamment la Métropole de Lyon.

Ce petit affluent de l’Yzeron a une particularité : il continue de couler même pendant les périodes de sécheresse. Mais les aménagements successifs, réalisés notamment pour des raisons paysagères, l’avaient enfermé dans un passage étroit, entre murs maçonnés et rigole en béton.

Donner de la place à l’eau plutôt que la contenir

Un ruisseau canalisé a moins de place pour s’étaler lorsque son débit augmente. Là où les berges et les sols naturels pourraient accueillir une partie des débordements, le courant reste concentré dans un lit artificiel.

Dans le bois de Sanzy, le cours d’eau était profondément encaissé sur environ 150 mètres, puis enfermé dans une rigole en béton sur 70 mètres supplémentaires. Les ouvrages ont été retirés et le fond du lit rehaussé pour le rapprocher du niveau des terrains voisins.

Le marché de travaux prévoit aussi des éléments en bois destinés à freiner les écoulements et à dissiper leur énergie. Le ruisseau peut désormais évoluer dans un espace plus large, de l’ordre de 10 mètres dans les secteurs urbanisés et jusqu’à 50 mètres en amont. Ces dimensions désignent l’espace laissé à l’eau et à ses berges, pas la largeur du ruisseau lui-même.

Lors des fortes pluies, l’objectif est de permettre à l’eau de s’étaler sur des terrains naturels et de ralentir, tandis que les sols peuvent en absorber une partie.

Cette liberté reste partielle : plus bas, le Sanzy rejoint toujours une section enterrée. La restauration doit donc composer avec les contraintes d’un cours d’eau qui traverse un environnement urbanisé. Son efficacité contre les inondations n’a pas encore fait l’objet d’un bilan chiffré publié.

Des salamandres déplacées avant l’arrivée des engins

Le chantier a aussi nécessité quelques précautions pour ses habitants les plus discrets.

Avant les travaux dans le lit du ruisseau, quatre mares ont été creusées et végétalisées dans le bois. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) y a transféré des larves de salamandres et d’autres amphibiens pour les mettre à l’abri des engins.

Ces mares resteront ensuite en place. Elles offriront des habitats aux amphibiens, aux libellules et à d’autres espèces. Une ancienne retenue d’eau doit également être transformée en zone humide, capable de retenir une partie de l’eau et d’accueillir une végétation adaptée.

Les travaux se sont déroulés en plusieurs étapes depuis le printemps. Des plantations d’essences locales sont encore prévues en novembre 2026 pour compléter la restauration.

Du Sanzy à l’Yzeron

Le Sanzy finit par rejoindre l’Yzeron. Une intervention sur ses berges ou son écoulement peut avoir des conséquences plus bas, au-delà des limites communales.

Le Sagyrc coordonne les interventions sur les cours d’eau du bassin de l’Yzeron. Son contrat Eau et Climat 2026-2028 prévoit notamment de restaurer les milieux aquatiques et de réduire les risques d’inondation.

Sur le Sanzy, le choix consiste à utiliser les espaces naturels disponibles pour ralentir l’eau, plutôt que de reconstruire des ouvrages pour la contenir. À Saint-Genis-Laval et Oullins-Pierre-Bénite, la rigole de béton a disparu, les berges ont été remodelées et quatre mares accueillent déjà les salamandres déplacées avant les travaux.

Sources consultées
  1. Métropole de LyonLe Sanzy serpente à nouveau librement
  2. Sagyrc, avis de marché publicTravaux de restauration morpho-écologique du ruisseau de Sanzy à Oullins-Pierre-Bénite et Saint-Genis-Laval
  3. Rhône-Alpes MatinLe Sanzy retrouve son cours naturel et sa biodiversité
  4. Sagyrc, communication reproduite par GovServQuatre nouvelles mares dans le bois du Sanzy
  5. Agence de l'eau Rhône Méditerranée CorseUn nouveau cap pour l'eau dans l'Ouest lyonnais : le bassin de l'Yzeron s'engage avec le Contrat Eau et Climat