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Émeutes à Lyon : le préfet défend ses priorités face aux pillages de la Presqu'île

Une trentaine de commerces touchés, l'office de tourisme incendié, 160 gardes à vue : à Lyon, le préfet explique avoir donné la priorité à la protection des vies.

Illustration - Vitrines endommagées dans la Presqu'île

Rue de la République, dimanche 18 octobre, les équipes de nettoyage ramassent des débris de vitrines, des boîtes de chaussures et des présentoirs détruits. Lyon Capitale dénombre une trentaine de commerces touchés dans la Presqu’île. À Bellecour, le pavillon de l’office de tourisme a brûlé.

Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a annoncé dimanche matin 160 gardes à vue, dont 36 mineurs, et 100 policiers blessés. Face aux critiques sur les pillages, il défend les priorités de ses agents : « Notre priorité, hier, a été de protéger les vies. »

Des rassemblements du matin aux pillages de la nuit

Dès 6 heures samedi, des groupes se réunissent dans l’agglomération. Les policiers interviennent dans la matinée près du pont de la Guillotière et sur les quais du Rhône. D’autres rassemblements se forment devant l’université Lyon 3 et place Guichard.

Peu avant 14 heures, la préfecture estime à plus de 20 000 les participants répartis entre Bellecour, le cours Gambetta, le quai Augagneur et la Guillotière. Lycéens, étudiants, familles et syndicalistes se mobilisent contre la vie chère. La manifestation n’avait pas fait l’objet d’une déclaration préalable.

La majorité des participants ne prend pas part aux violences. Autour de Bellecour, plusieurs groupes affrontent cependant les forces de l’ordre, avec des jets de projectiles et des tirs de mortiers.

Vers 14 heures, le pavillon de l’office de tourisme est saccagé, puis ravagé par un incendie. Selon le préfet, des individus empêchent les pompiers d’accéder au site.

Les attaques gagnent la rue Victor-Hugo, la rue de la République, la rue Grolée et les abords des Jacobins. Les pillages se poursuivent dans la soirée et la nuit, notamment rue du Président-Édouard-Herriot.

Bellecour incendié, l’Hôtel de Ville protégé

La dispersion des attaques a mis les forces de sécurité face à plusieurs urgences simultanées. La Presqu’île relie de grandes places à un réseau dense de rues commerçantes : depuis l’axe de la rue de la République, les boutiques se prolongent vers Grolée, les Jacobins et la rue de Brest.

Lyon Capitale recense des magasins de vêtements et de chaussures, des opticiens, des commerces de jeux vidéo et des boutiques de luxe. Certains avaient fermé ou protégé leurs vitrines avant les rassemblements.

Étienne Guyot décrit des groupes se séparant pour attaquer les policiers à différents endroits, puis des pillards profitant de cette dispersion. Le dispositif préfectoral comprenait pourtant des unités de forces mobiles, dont la CRS 83, deux engins lanceurs d’eau, des blindés Centaure et des moyens aériens.

Le maire, Grégory Doucet, a expliqué que la protection de l’Hôtel de Ville avait été l’une des priorités pendant une partie de la soirée. À Bellecour, les secours tardaient à pouvoir intervenir sur le pavillon en feu. Entre ces deux sites, des magasins étaient pillés.

Le préfet assume la priorité donnée aux personnes et souligne l’impossibilité de placer un policier devant chaque commerce. La chronologie des redéploiements permettrait de comprendre comment ces choix ont été appliqués rue par rue.

Ces difficultés rejoignent celles rencontrées à Bordeaux et Paris, examinées dans notre analyse nationale du 17 octobre et des annonces de Macron.

Réparer les locaux et reconstituer les stocks

Le décompte d’une trentaine de commerces, publié par Lyon Capitale et actualisé à 18 h 44 dimanche, reste provisoire. Derrière les vitrines brisées, les pertes portent aussi sur les équipements, le mobilier et les marchandises. Leur montant total n’a pas été communiqué.

Les commerçants doivent photographier les dégâts, conserver les justificatifs, déposer plainte et déclarer les sinistres à leurs assureurs. La prise en charge des pertes d’exploitation dépend des garanties souscrites.

Grégory Doucet a demandé une mobilisation de l’État, de la Région et de la Métropole pour accompagner les établissements touchés. Les modalités d’une aide supplémentaire restent à préciser.

Les 160 gardes à vue ouvrent aussi le travail judiciaire sur les violences, les dégradations et les vols. Le bilan de 100 policiers blessés communiqué par le préfet ne fournit pas de décompte des autres personnes blessées.

Dimanche soir, TCL signalait encore des modifications de desserte autour des Cordeliers sur les lignes C13 et C18, avec une reprise annoncée à 20 heures. Les informations du réseau permettent de suivre ces perturbations.

Pour les commerçants de Victor-Hugo, de la rue de la République et des Jacobins, la réouverture suppose de sécuriser les locaux et de remplacer ce qui a été détruit ou volé. Le nettoyage de la chaussée n’en est que la première étape.

Sources consultées
  1. AFP, diffusée par BoursoramaA Lyon, face aux émeutes d’une « ampleur inédite », la « priorité a été de protéger les vies »
  2. Lyon CapitaleLyon pillée, les premiers chiffres de la Préfecture
  3. LyonMagManifestation du 17 octobre à Lyon : un « niveau de violence inédit » selon le préfet du Rhône
  4. Lyon CapitaleLyon en proie aux casseurs : la liste des enseignes pillées et dégradées en presqu'île s'allonge
  5. Lyon CapitaleÉmeutes du 17 octobre en Presqu'île : le duo Doucet-Guyot face aux Lyonnais
  6. TCLInfos Trafic, réseau TCL et ligne C18