
Mazaud Construction, société du groupe familial installée à Villeurbanne, a été placée en redressement judiciaire le 8 octobre 2026 par le tribunal des activités économiques de Lyon. Un an après avoir célébré son centenaire, le groupe voit sa principale entreprise de construction se retrouver en cessation des paiements alors que ses derniers comptes affichaient un retour aux bénéfices.
Le jugement fixe au 31 août la date de cessation des paiements. Les comptes et les deux conciliations homologuées par la justice révèlent des difficultés financières antérieures au litige aujourd’hui invoqué par la direction.
Une entreprise qui tentait déjà de se redresser
L’exercice clos fin 2024 s’était soldé par une perte de 5,53 millions d’euros. En décembre de cette année-là, le tribunal de commerce de Lyon homologuait un premier accord de conciliation avec les créanciers de Mazaud Construction.
En juin 2025, l’actionnaire unique décidait de poursuivre l’activité malgré des capitaux propres tombés sous la moitié du capital social. Une augmentation de capital de 2 millions d’euros, réalisée fin 2025 par apport en nature, venait ensuite renforcer le bilan, sans constituer un apport direct de liquidités. Un second accord de conciliation était homologué en février 2026.
Les comptes de 2025 montraient pourtant une amélioration : 43,7 millions d’euros de chiffre d’affaires et 437 000 euros de bénéfice net. Mais la marge restait mince, et la trésorerie nette au 31 décembre 2025 atteignait seulement 65 000 euros.
Un bénéfice comptable ne garantit pas que l’argent soit disponible au moment de payer les factures. Cette distinction est particulièrement sensible dans la construction, où les dépenses et les encaissements d’un chantier peuvent être décalés de plusieurs mois.
Le chantier résilié à 85 %, selon la direction
Cécile Mazaud, présidente du groupe familial, attribue l’aggravation des difficultés à un conflit avec un promoteur immobilier parisien. Selon ses déclarations à Lyon Décideurs, celui-ci aurait résilié en juillet un contrat concernant un chantier lyonnais, alors que les travaux étaient réalisés à 85 %.
La dirigeante conteste cette rupture, qui aurait privé l’entreprise d’encaissements attendus. D’après Lyon Décideurs, le groupe réclame plusieurs millions d’euros de dédommagement dans le cadre d’une procédure en référé. La version du promoteur n’est pas connue.
Le litige intervient donc dans une entreprise qui avait déjà entrepris de rétablir sa situation financière, sans avoir retrouvé une trésorerie abondante.
Les chantiers peuvent continuer
Le redressement judiciaire ouvre une période d’observation pendant laquelle Mazaud Construction peut poursuivre son activité. La direction reste en fonction, assistée par les administrateurs désignés par le tribunal. Cécile Mazaud assure que les chantiers continuent et que les contrats en cours sont maintenus.
La société employait entre 50 et 99 salariés selon les données administratives de 2024. Pour ses fournisseurs et sous-traitants, la procédure modifie notamment le traitement des factures impayées antérieures au jugement.
Les créanciers concernés disposent en principe de deux mois à compter de la publication du jugement au Bodacc pour déclarer leurs créances. Ils peuvent utiliser le formulaire officiel de déclaration de créances, à transmettre au mandataire judiciaire. Le jugement désigne deux mandataires : MJ Synergie et Jérôme Allais.
À Villeurbanne, Mazaud Construction entame ainsi sa période d’observation avec des chantiers que sa direction affirme poursuivre.
Sources consultées
- PappersMAZAUD CONSTRUCTION, informations juridiques, procédures collectives et comptes
- RubyPayeurMAZAUD CONSTRUCTION, chiffres clés et documents
- Le Figaro EntreprisesMAZAUD CONSTRUCTION, bilan et annonces légales
- Lyon DécideursEn plein litige, Cécile Mazaud demande le redressement judiciaire du Groupe Mazaud
- Groupe MazaudLe Groupe Mazaud fête ses 100 ans
- Service Public EntreprendreDéclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective