
Le mâchon lyonnais a son heure : neuf heures du matin. Cette semaine, on pourra aussi le déguster avec des huîtres, suivre un parcours de cinq restaurants ou manger au son de la musique électronique. Du 11 au 18 octobre, la cinquième Mâchon’Week réunit plus de 60 événements dans plus de 50 lieux de Lyon et de sa métropole.
Organisé par CityCrunch, le festival réunit des bouchons attachés au repas des canuts et des cuisiniers prêts à en changer l’assiette, l’heure ou la bande-son.
À neuf heures, rue du Garet, rien n’a vraiment changé
Le mâchon remonte au XIXe siècle, lorsque canuts et marchands-fabricants de la soie s’accordaient une pause dans la matinée. Après plusieurs heures de travail, ils partageaient plats chauds, cochonnailles, fromage et vin. Un repas solide, à une heure où la plupart des Français prennent encore leur petit-déjeuner.
La coutume a ses défenseurs. En décembre 1964, les Francs-Mâchons organisaient leur premier repas au bistrot de Georges Drebet, au 8 rue du Garet. La confrérie existe toujours : ses membres se réunissent pour juger les tables lyonnaises et distinguer celles qui perpétuent le rituel.
Près de soixante-deux ans plus tard, l’adresse accueille encore les amateurs de mâchon. Du lundi 12 au vendredi 16 octobre, le Petit Bouchon « Chez Georges » propose, de 9 h à 11 h, gratons, terrine maison, saucisson chaud aux gènes et, au choix, Saint-Marcellin ou cervelle de canut. Le tout avec 25 cl de vin, pour 27 €. Les réservations du mâchon chez Georges sont proposées en ligne.
Des huîtres, un chai et cinq restaurants à parcourir
Ailleurs, les cuisiniers prennent davantage de libertés. Jeudi 15 octobre, le Crazy Salmon, rue Mercière, servira un « mâchon de la mer » composé notamment de saumon, d’huîtres et de moules, à partir de 28 €. À quelques pas, La Mère Cottivet défendra une version traditionnelle. Deux interprétations d’un même rituel, presque côte à côte.
L’organisateur évoque aussi des nems d’andouillette et des recettes végétariennes parmi les réinterprétations du mâchon. Au fil du festival, l’heure, les produits et la forme du repas changent, mais les références lyonnaises demeurent.
Même le lieu du repas change. Jeudi 15 octobre, à partir de 18 h, le Chai Saint Olive, au 34 rue Malesherbes, accueillera une dégustation au milieu de ses cuves. Ce chai urbain vinifie à Lyon des raisins cultivés dans les environs. Pour 20 €, les visiteurs découvriront deux vins accompagnés d’une petite planche de charcuteries de la Maison Duculty. La jauge annoncée est de 70 personnes, avec une billetterie dédiée.
Samedi 17 octobre, le mâchon se prendra de restaurant en restaurant, rue de Bonald, dans le 7e arrondissement. La Mâchon’Street reliera cinq établissements, Féroce, Olmé, Ilegal, Manou et Livestation, de 18 h à 22 h. Le principe : un verre de vin, trois spécialités salées et un cocktail dessert à découvrir au fil des étapes. Le Pass Lyonnaiseries coûte 24,50 €.
Dimanche, le mâchon se met à l’électro
Le dernier déplacement est peut-être le plus inattendu : celui de l’ambiance sonore.
Dimanche 18 octobre, dans les pentes de la Croix-Rousse, La Bonne Gâche servira encore pâté en croûte, gratons, cervelle de canut et gratin d’andouillette. Mais cette fois, house, disco et techno accompagneront les assiettes dès 11 h 30.
Et pour clôturer la semaine, La Commune, dans le 7e, proposera trois menus imaginés par ses échoppes, autour de 25 € avec un verre de vin. Les réservations sont annoncées, mais aucun lien direct n’est indiqué dans le programme.
De midi à 16 h 30, un DJ set house-électro accompagnera ce dernier mâchon. Les canuts s’arrêtaient pour manger avant de reprendre le travail. À La Commune, dimanche prochain, on pourra prolonger le repas tout l’après-midi.
Sources consultées
- Mâchon’WeekC'est quoi la Mâchon’Week ?
- Les Francs-Mâchons de LyonL'histoire des Francs-Mâchons
- Mâchon’WeekMâchon de la Mer au Crazy Salmon
- Mâchon’WeekApéro-dégustation au milieu des cuves au Chai Saint Olive
- Mâchon’WeekMâchon’Street, cinq restaurants et cinq étapes
- Mâchon’WeekMâchon électronique à La Commune