Article

À Lyon, 20 000 manifestants : une mobilisation à l’échelle de mars 2023

Le 6 octobre, au moins 20 000 personnes ont défilé à Lyon. Après une semaine de blocages, le mouvement a réuni lycéens, étudiants, enseignants et parents.

Illustration - manifestation lycéenne à Lyon

Au moins 20 000 personnes ont défilé mardi 6 octobre entre Bellecour et la place Guichard, selon le décompte communiqué par la préfecture du Rhône. Les syndicats en revendiquent 25 000. Le Progrès situe cette affluence au niveau des grandes manifestations contre la réforme des retraites de mars 2023.

À 15 h 47, après plusieurs heures de tensions dans différents secteurs du centre-ville, Le Progrès indiquait que la situation était redevenue calme. Le journal faisait alors état de onze blessés, dont neuf membres des forces de l’ordre. Ce total n’était toutefois pas confirmé par un bilan préfectoral public consolidé à l’heure de rédaction.

La journée avait commencé sous une autre forme. À 9 h 39, les autorités recensaient 17 établissements ou sites perturbés, dont plusieurs sites universitaires, et huit interpellations. Lyon 1 a fermé exceptionnellement l’ensemble de ses sites pour la journée, tandis que la bibliothèque Chevreul de Lyon 2 a également fermé. Jusqu’à 18 heures, la préfecture interdisait les rassemblements revendicatifs dans un rayon de 100 mètres autour de nombreux établissements de Lyon, Villeurbanne, Bron, Vénissieux, Rillieux-la-Pape, Meyzieu, Décines-Charpieu, Villefranche-sur-Saône ou Givors.

Puis la contestation a quitté les abords des établissements. Parti de Bellecour vers 10 h 45, le cortège s’est étiré jusqu’à Saxe-Gambetta avant de rejoindre la place Guichard. Lycéens et étudiants y côtoyaient enseignants, parents et organisations syndicales. Selon Le Monde, le cortège principal a atteint son terme sans incident majeur, avant la formation de groupes distincts dans les rues adjacentes. Le Progrès a également constaté des dégradations et jets de projectiles en marge du parcours, puis des cortèges non déclarés après l’arrivée.

Cette affluence tranche avec les jours précédents, où la contestation se voyait surtout à travers des blocages, fermetures et interventions devant les établissements. Le 2 octobre, la crise se concentrait encore sur les lycées contraints de passer à distance. Mardi, la mobilisation ne se résumait plus aux élèves d’un établissement défendant leur propre situation.

À Villefranche-sur-Saône, environ 250 personnes se sont ainsi réunies place des Arts dans l’après-midi. Une élève de terminale interrogée par Le Progrès expliquait passer quatorze heures et demie par semaine en permanence en raison d’absences de professeurs. Une autre évoquait des classes surchargées et des difficultés jusque dans le fonctionnement quotidien de la cantine. À Lyon, les revendications affichées devant Ampère portaient notamment sur les enseignants non remplacés, l’état des bâtiments, les moyens consacrés à l’éducation et Parcoursup.

Le ministère de l’Éducation nationale a ouvert jusqu’au 23 octobre une consultation anonyme de tous les lycéens sur leurs conditions de scolarité et annoncé cinq chantiers, parmi lesquels les remplacements, l’état des locaux, l’organisation des journées et Parcoursup. Les lycéens peuvent répondre directement aux deux questions sur la plateforme Agora. Une première restitution est annoncée pour la fin octobre. Le gouvernement a parallèlement demandé un premier bilan au ministre de l’Éducation pour le 16 octobre, avant de premières décisions annoncées pour la fin du mois.

Le prochain indicateur ne sera donc pas seulement le nombre de manifestants d’un éventuel nouveau cortège. À Lyon comme à Villefranche, la mobilisation a rassemblé des revendications très différentes, de l’absence d’un professeur aux emplois du temps, aux bâtiments ou à Parcoursup. Après les 20 000 personnes de mardi, ce sont désormais les reprises de cours, les décisions prises dans les établissements, le premier bilan gouvernemental attendu le 16 octobre puis les premières décisions annoncées pour la fin du mois qui diront si cette journée marque davantage qu’un pic de mobilisation.

Sources consultées
  1. Le ProgrèsBlocus des lycées. Au moins 20 000 manifestants à Lyon, 11 blessés et une situation redevenue « calme »
  2. Le MondeEn direct, blocage des lycées
  3. Ministère de l’Éducation nationaleLycéennes, lycéens : vous avez la parole