Article

Dans le métro lyonnais, la bataille invisible contre les particules se joue sous terre

Le bilan 2025 montre une amélioration de l’air dans le métro lyonnais et révèle les contraintes techniques propres à un réseau souterrain.

Illustration - métro souterrain lyonnais

Chaque jour, des milliers de voyageurs descendent dans les stations du métro lyonnais sans forcément y penser : dans un réseau souterrain, l’air est soumis à des contraintes particulières. Les trains, les freins, les roues et les équipements mécaniques produisent leurs propres particules. Le dernier bilan de surveillance montre que cet air s’est amélioré, mais aussi que certaines stations restent plus difficiles à traiter que d’autres.

Depuis 2020, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes suit la qualité de l’air du métro lyonnais avec SYTRAL Mobilités. Les mesures portent notamment sur les particules PM10 et PM2,5 dans les stations et les rames des lignes A, B et D.

Le bilan 2025 confirme une baisse importante des concentrations mesurées. Dans les rames, les niveaux de PM10 ont diminué entre 2022 et 2025 de 60 % sur la ligne A, 87 % sur la ligne B et 63 % sur la ligne D. Pour les PM2,5, la baisse atteint 48 % sur la ligne A, 87 % sur la ligne B et 61 % sur la ligne D.

Ces chiffres ne correspondent pas à une seule amélioration technique. Ils reflètent plusieurs évolutions du réseau : renouvellement d’une partie du matériel roulant, amélioration des équipements et actions d’entretien. Les nouvelles rames de la ligne B mises en service en 2022 font partie des changements pris en compte dans cette évolution.

Mais le métro reste un système particulier. Une partie importante des particules provient directement de son fonctionnement quotidien, notamment de l’usure liée au freinage et aux contacts entre les éléments métalliques. Les analyses réalisées dans le réseau montrent une forte présence de fer dans les particules mesurées, caractéristique des environnements ferroviaires.

Les différences entre stations montrent aussi que la qualité de l’air n’est pas uniforme sous Lyon. Sur les 38 stations étudiées des lignes A, B et D, Valmy, Vieux Lyon et Mermoz Pinel figurent parmi celles où les concentrations moyennes de PM10 sont les plus élevées. À l’inverse, Saxe-Gambetta, utilisée comme station de référence pour le suivi, affiche des niveaux plus faibles dans les dernières mesures.

Cette cartographie rappelle une contrainte propre aux transports souterrains : améliorer l’air ne consiste pas simplement à installer un équipement puis à tourner la page. Les opérateurs doivent agir sur plusieurs leviers à la fois, du matériel roulant au nettoyage des espaces, tout en continuant à mesurer les stations où les concentrations restent les plus élevées.

Dans le métro lyonnais, l’amélioration mesurée depuis plusieurs années ne clôt donc pas le sujet. Elle dépend d’un travail continu sur les rames, les stations et leur entretien, jusque dans des espaces que les voyageurs ne voient presque jamais.

Sources consultées
  1. Atmo Auvergne-Rhône-AlpesSurveillance de la qualité de l'air dans le métro lyonnais : bilan 2025
  2. SYTRAL MobilitésTransition écologique du réseau TCL