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À Lyon, OncoShift veut transformer une piste sur l’énergie des cellules cancéreuses en futur traitement

Issue du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, la startup OncoShift développe une approche ciblant des tumeurs dépendantes d’un mécanisme énergétique particulier.

Illustration de recherche contre le cancer

Certaines cellules cancéreuses ont trouvé une manière de survivre là où les traitements échouent : elles changent leur façon de produire de l’énergie. C’est cette adaptation que la startup lyonnaise OncoShift cherche à cibler.

Issue du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (CRCL), OncoShift a reçu le Grand Prix i-Lab 2026 pour un projet de thérapie ciblée contre des cancers dépendants d’un mécanisme particulier, la phosphorylation oxydative, ou OXPHOS. Cette voie permet aux cellules de produire de l’énergie grâce aux mitochondries. Certaines tumeurs agressives s’appuient fortement sur ce fonctionnement pour résister aux traitements et continuer à se développer.

Le pari de la biotech lyonnaise est de bloquer cette dépendance. L’objectif n’est pas de proposer un traitement contre tous les cancers, mais de cibler un groupe de tumeurs présentant cette vulnérabilité particulière.

Cette approche répond à une difficulté bien connue en oncologie : une tumeur n’est pas un adversaire fixe. Certaines cellules peuvent modifier leur fonctionnement pour échapper aux thérapies utilisées contre elles. Les chercheurs cherchent donc depuis plusieurs années de nouvelles stratégies capables d’empêcher ces mécanismes d’adaptation.

OncoShift s’appuie sur des travaux menés au CRCL autour du métabolisme des cellules cancéreuses. La startup indique avoir obtenu une preuve de concept préclinique chez l’animal et poursuit aujourd’hui le développement de ses molécules avant une éventuelle entrée en essais cliniques.

Le Grand Prix i-Lab ne récompense donc pas un médicament déjà disponible, mais une étape intermédiaire souvent décisive dans les sciences de la vie : faire passer une découverte issue d’un laboratoire vers une entreprise capable de poursuivre son développement. Le concours i-Lab accompagne précisément ce type de transfert entre recherche publique et innovation technologique.

Pourquoi cette histoire se passe-t-elle à Lyon ? Parce que la métropole réunit des équipes de recherche en cancérologie, des établissements de soin et des structures capables d’accompagner la création de jeunes entreprises de biotechnologie. OncoShift est issue de travaux du CRCL associant notamment l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Inserm, le CNRS et le Centre Léon Bérard.

La prochaine étape sera de montrer que cette piste biologique peut devenir une thérapie sûre et efficace chez l’humain. Pour l’instant, OncoShift appartient encore au monde des biotechnologies en développement. Son parcours montre comment une question de recherche très fondamentale, comprendre comment une cellule cancéreuse trouve son énergie, peut devenir un projet industriel né à Lyon.

Sources consultées
  1. Université Claude Bernard Lyon 1Concours d’innovation de l’État 2026 : OncoShift reçoit le Grand Prix i-Lab et Alka Thin Tech le Prix i-PhD
  2. PulsalysPULSALYS confirme l’excellence du site Lyon Saint-Étienne aux concours d’innovation de l’État 2026 avec un Grand Prix i-Lab et deux lauréats i-PhD
  3. LyonbiopôleOncoShift