
À 15 h 10 mercredi 30 septembre, le dernier bilan préfectoral relayé faisait état de neuf établissements scolaires ou universitaires du Rhône confinés après des intrusions. Il comptabilisait également 75 interpellations en deux jours et 15 blessés, dont un gendarme et sept policiers. Trente interpellations avaient eu lieu mercredi, après 45 mardi.
Mardi, 20 établissements avaient été touchés par des blocages dans le Rhône lors de la mobilisation appelée par l’Union syndicale lycéenne. Mercredi matin, Le Progrès constatait encore près d’une dizaine de lycées partiellement ou complètement bloqués. Quelques heures plus tard, la préfecture indiquait directement à Lyon Capitale qu’aucun établissement du département n’était alors bloqué. Les deux constats ne portent pas sur le même moment de la journée : certains barrages avaient disparu tandis que plusieurs établissements avaient dû protéger ceux qui se trouvaient à l’intérieur.
La Martinière-Diderot, dans le 1er arrondissement de Lyon, en donne l’exemple le plus net. Une cinquantaine de jeunes se trouvaient aux abords de l’établissement mercredi matin. Des poubelles et du mobilier urbain ont été incendiés, des projectiles et des mortiers d’artifice ont été tirés et les CRS sont intervenus. L’établissement n’était pas considéré comme bloqué lorsque Lyon Capitale a interrogé la préfecture, mais les cours ont été suspendus parce que la fumée des incendies entrait dans les salles. Un abribus desservant les lignes C13 et C18 a également été détruit.
La même matinée a été marquée par des rassemblements ou des incidents dans plusieurs secteurs de la métropole. Le Progrès signalait notamment Saint-Exupéry, Édouard-Herriot, Diderot et Édouard-Branly à Lyon, ainsi que Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Écully, Caluire-et-Cuire et Oullins-Pierre-Bénite. À 14 h 42, le journal rapportait le nouveau bilan préfectoral de 30 interpellations mercredi et neuf établissements confinés après des intrusions. Aucun bilan consolidé des dégradations n’avait encore été communiqué.
Le bilan policier a lui aussi évolué au fil des deux journées. Mardi soir, un premier décompte faisait état de 44 interpellations dans le Rhône. Le communiqué préfectoral diffusé mercredi en retient finalement 45 pour cette journée, auxquelles s’ajoutent les 30 interpellations de mercredi.
Ces incidents se greffent sur une mobilisation lycéenne qui avait commencé par des revendications scolaires identifiables. Mardi, les élèves mobilisés dénonçaient notamment le manque de moyens, les professeurs absents ou non remplacés, l’état de certains locaux, ainsi que les difficultés liées à l’orientation et à Parcoursup. Les sources disponibles ne permettent pas d’attribuer indistinctement les violences aux lycéens mobilisés ni de ventiler les 75 personnes interpellées selon leur âge, leur établissement ou leur participation au mouvement.
Les situations ont varié fortement d’un établissement à l’autre. Certains rassemblements sont restés calmes, tandis que d’autres ont été accompagnés d’intrusions, d’incendies, de tirs de mortiers ou de jets de projectiles. À Diderot, la conséquence immédiate n’a pas été une grille fermée mais l’impossibilité de poursuivre les cours normalement. Dans neuf établissements, les occupants ont été confinés après une intrusion.
À 15 h 10 mercredi, la préfecture ne donnait pas la liste complète de ces neuf sites ni le détail des sept blessés qui ne sont ni policiers ni gendarmes. Aucun bilan public consolidé des dégâts n’était non plus disponible dans les sources consultées. Ces inconnues empêchent encore de mesurer précisément les conséquences matérielles établissement par établissement.
Jeudi matin donnera une mesure plus concrète de la suite du mouvement : non seulement le nombre de nouveaux rassemblements, mais surtout la capacité des établissements concernés à accueillir leurs élèves et à maintenir les cours. Mercredi, à La Martinière-Diderot, il n’a pas fallu fermer la grille pour désorganiser le lycée : la fumée entrée dans les salles a suffi.
Sources consultées
- Lyon CapitaleBlocus des lycées : 75 interpellations et 15 blessés en deux jours dans le Rhône
- Radio ScoopRhône : 75 interpellations après deux jours de tensions dans les lycées et universités
- Lyon CapitaleLyon : une matinée sous haute tension au lycée La Martinière Diderot
- Le ProgrèsMatinée de tension maximale dans les lycées : 30 interpellations ce mercredi, 9 établissements ont dû « se confiner »