
Le feu est parti vers 4 heures du matin, mardi 29 septembre, au lieu-dit du Pinay à Ronno. Poussé par le vent, il a gagné le hameau voisin du Balichal, traversé une route et brûlé environ 16 hectares de prés et de forêt avant d’être circonscrit vers 11 heures. Un hangar agricole a été détruit, mais aucune habitation n’a finalement été touchée. Des points chauds subsistaient encore en début d’après-midi.
La préfecture du Rhône a indiqué à BFM Lyon que 144 sapeurs-pompiers et 53 engins avaient été mobilisés. Ce chiffre ne suffit pas à qualifier l’incendie d’exceptionnel : la surface finale ne dit pas à elle seule le danger auquel les secours ont dû répondre au départ. Il prend en revanche un autre relief dans le Beaujolais vert cette semaine. Trois jours plus tôt, à Saint-Clément-sous-Valsonne, 36 hectares de forêts et de champs avaient brûlé, une maison avait été détruite et environ 120 pompiers engagés. Le même samedi, à Tarare, 54 pompiers avaient été mobilisés sur un autre feu, avec l’évacuation préventive d’une cinquantaine de personnes.
Cette succession tranche avec le classement réglementaire du département. Depuis un arrêté national du 13 avril 2026, aucune commune du Rhône n’est classée « particulièrement exposée au risque incendie ». Le département n’est donc pas concerné, à ce titre, par les obligations légales de débroussaillement attachées à ce classement. La préfecture précise toutefois que l’absence de classement n’équivaut pas à l’absence de risque. L’usage du feu près des massifs boisés reste encadré par des restrictions saisonnières qui courent jusqu’au 30 septembre.
Les chiffres de 2026 montrent pourquoi les outils de prévention et de lutte prennent davantage d’importance. Au 15 juillet, le Rhône et la métropole de Lyon avaient déjà enregistré 606 feux de végétation, contre 424 pendant toute la saison 2025. Les surfaces parcourues étaient passées de 30 hectares en 2025 à 224 hectares en quelques semaines. La préfecture qualifiait alors l’été d’« hors normes », après trois vagues de chaleur et une sécheresse prolongée.
L’adaptation avait commencé avant cette saison. Depuis 2023, la Direction départementale des territoires et le SDMIS ont élargi leur suivi des incendies aux feux de végétation. Des financements du Fonds vert ont servi à construire un atlas partagé des secteurs forestiers et à renforcer les outils de prévention et de détection. Le SDMIS compte aujourd’hui 1 340 sapeurs-pompiers dans sa spécialité « feux de forêt et espaces naturels » ; elle avait assuré 455 interventions en 2025.
Le contraste est désormais tangible : aucune commune du Rhône n’est classée particulièrement exposée, tandis que les services départementaux renforcent depuis plusieurs années leur connaissance, leur prévention et leurs capacités de lutte contre les feux d’espaces naturels. Mardi, au Pinay et au Balichal, ce risque a pris une forme très locale : du vent, un feu qui franchit une route, un hangar perdu et 16 hectares brûlés avant la fin de la matinée.
Sources consultées
- Le Progrès« Le feu s’est propagé rapidement » : 16 hectares de végétation et un hangar partis en fumée
- Préfecture du Rhône / BFM Lyon, repris par Cedar NewsUn incendie de végétation parcourt 15 hectares dans le Rhône, une maison et une ferme touchées
- Préfecture du RhôneFeux de forêt : un été 2026 hors normes, le SDMIS pleinement mobilisé
- Préfecture du RhôneCet été, ayons les bons réflexes pour éviter les départs de feu
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