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À Lyon Sud, douze lits pour être hospitalisé sans passer par les urgences

Les HCL et la CPTS Aprosalys annoncent pour septembre une unité de 12 lits où certains patients pourront être admis directement, sans passer par les urgences.

Illustration - parcours ville-hôpital à Lyon Sud

À l’Hôpital Lyon Sud, certains patients pourront bientôt être hospitalisés sans passer par la salle d’attente des urgences. Les HCL et la CPTS Aprosalys annoncent pour septembre l’ouverture d’une unité ville-hôpital de 12 lits, destinée aux situations « semi-urgentes » qui nécessitent une surveillance médicale sans urgence vitale.

Le parcours change dès le cabinet du médecin généraliste. Celui-ci pourra solliciter directement l’unité pour un patient qui doit être hospitalisé rapidement. Après validation médicale, le malade sera admis sans passer par les urgences. Sont notamment visées certaines pneumonies et autres infections aiguës, les déshydratations, des insuffisances rénales, des décompensations cardiaques sans gravité, des aggravations de BPCO ou certaines situations gériatriques.

L’unité donnera accès aux examens biologiques et à l’imagerie courante. Pour les patients arrivant directement de la ville, les HCL prévoient des séjours moyens de trois à cinq jours, avec un retour à domicile lorsque c’est possible ou une orientation vers un service spécialisé si nécessaire. Plus de 700 séjours sont attendus chaque année.

Cette unité est annoncée deux ans après l’ouverture des nouvelles urgences de Lyon Sud. Depuis mars 2024, leur bâtiment est dimensionné pour environ 40 000 passages par an, contre 10 000 pour le service conçu au début des années 1990. Il en a enregistré 35 447 en 2024.

Construire des urgences plus grandes et organiser en parallèle des parcours qui les évitent n’a rien de contradictoire. Les premières doivent absorber les patients qui ont réellement besoin d’une évaluation urgente. L’unité ville-hôpital vise ceux dont le besoin est différent : ils ont déjà été examinés par un médecin et ont surtout besoin d’un lit, de quelques examens et de plusieurs jours de surveillance.

Les HCL expliquent cette difficulté d’orientation par la hausse des besoins de santé, le recours croissant aux soins non programmés et la spécialisation progressive des services du CHU. Dans un grand hôpital doté de filières très spécialisées, une pathologie aiguë assez courante peut être difficile à orienter. L’objectif affiché à Lyon Sud est de recréer une fonction de médecine polyvalente proche de celle d’un hôpital de proximité, mais à l’intérieur du CHU.

Le premier périmètre couvre environ 66 000 habitants autour d’Oullins-Pierre-Bénite, Saint-Genis-Laval et Irigny. Les HCL prévoient ensuite d’étendre le dispositif à l’ensemble du sud lyonnais, soit plus de 150 000 habitants. Le principe des admissions directes est aussi développé au niveau national, notamment pour éviter aux personnes âgées certains passages aux urgences.

Douze lits ne changeront pas à eux seuls les flux d’un service qui reçoit plus de 35 000 patients par an. Mais pour quelque 700 hospitalisations annuelles, le changement peut être beaucoup plus simple à décrire : à Lyon Sud, la porte de l’hôpital pourra commencer chez le médecin traitant plutôt qu’aux urgences.

Sources consultées
  1. Hospices Civils de LyonUne unité médicale d’hospitalisation pour fluidifier les parcours de soins dans le sud lyonnais
  2. Hospices Civils de LyonOuverture des nouvelles urgences de l’hôpital Lyon Sud
  3. Hospices Civils de LyonRapport d’activité 2024
  4. Ministère de la SantéLe désengorgement des urgences