
Au Perréon, il aura fallu une grue de 60 mètres pour faire redescendre un morceau familier du paysage. Lundi 21 septembre, la croix puis la flèche de 20 mètres de l’église Saint-Pierre ont été déposées sous les yeux de dizaines d’habitants. La commune avait programmé l’opération sur deux jours, les 21 et 22 septembre, avant la restauration complète du clocher.
Cette flèche dominait le village depuis 1919. L’église, elle, est plus ancienne et son histoire est étroitement liée à celle du Perréon. Dans les années 1860, le secteur appartient encore à Vaux-en-Beaujolais. L’église paroissiale est difficile d’accès pour les habitants du versant nord, qui réunissent par souscription l’argent nécessaire à la construction de leur propre édifice. Saint-Pierre sort de terre entre 1866 et 1868. La Fondation du patrimoine relie cette mobilisation au mouvement qui conduira à la séparation d’avec Vaux. La commune du Perréon est finalement créée par une loi du 17 novembre 1890.
La flèche actuelle est plus récente. La transformation du clocher, jusque-là plat, commence en 1913, puis la Première Guerre mondiale interrompt le chantier. Selon la maire Marie-Andrée Chopin, les frères Aucagne, compagnons charpentiers qui avaient commencé l’ouvrage, meurent tous les deux pendant le conflit. La flèche n’est achevée qu’en 1919, avec sa croix de 3,50 mètres.
Un siècle plus tard, les dégradations imposent une restauration complète du clocher. Les diagnostics signalent notamment une charpente fragilisée, des bois attaqués, des ardoises défectueuses et des éléments métalliques oxydés. Le marché lancé par la commune prévoit sept mois de travaux sur la charpente, la couverture, le beffroi et les maçonneries. La Fondation du patrimoine annonce une reconstruction à l’identique de la flèche.
Le financement fait curieusement écho à celui de l’église originelle. Après la souscription des habitants dans les années 1860, une nouvelle collecte accompagne aujourd’hui le chantier, avec un objectif de 100 000 euros. La Fondation du patrimoine indiquait mi-septembre avoir recueilli un peu plus de 12 000 euros de dons. Les personnes qui le souhaitent peuvent encore contribuer à la collecte pour Saint-Pierre.
La restauration se remarquera aussi à l’oreille. Pendant le chantier, l’horloge communale est désactivée et les sonneries des cloches suspendues. Le Perréon va donc passer quelques mois sans une silhouette et sans un son qui rythmaient le village depuis des générations, avant que la flèche ne regagne sa place au-dessus de Saint-Pierre.
Sources consultées
- Commune de Le PerréonDépose du clocher et informations communales
- Archives départementales du RhôneModifications de limites communales, Le Perréon
- Fondation du patrimoineÉglise Saint-Pierre à Le Perréon
- Le Progrès« On ne voit cela qu’une fois dans sa vie » : dans le Beaujolais, ce clocher d’église a été déposé pour être rénové