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À Tassin, le vol des pinces de désincarcération met le maillage des secours à l’épreuve

Après le vol de son matériel de désincarcération, la caserne de Tassin a dû faire venir des moyens d’un autre centre lors d’un accident grave.

Illustration - matériel de secours routier

Dans la nuit du 16 au 17 septembre, des pinces de désincarcération sont volées dans la caserne de Tassin-la-Demi-Lune. À 5 h 20, les pompiers sont appelés pour un accident chemin de Méginand : cinq jeunes sont blessés, dont un pris en charge en urgence absolue. Les outils nécessaires à l’extraction doivent venir d’une autre caserne.

C’est la conséquence que redoutaient déjà les pompiers depuis les premiers vols de l’été. Fin août, après le cambriolage de Saint-Bonnet-de-Mure, le lieutenant Julien Bellet expliquait à TF1 que toutes les casernes ne disposent pas de matériel de désincarcération et que la perte d’un équipement oblige à solliciter un autre centre. À Tassin, trois semaines plus tard, ce scénario s’est produit.

Le délai supplémentaire n’est pas précisément établi. TF1 rapporte que Valentin Violet, sapeur-pompier et représentant de SUD au SDMIS, évoque une caserne de renfort située à cinq à dix minutes. Rien ne permet d’attribuer au vol une aggravation de l’état de la victime. Ce qui est documenté suffit : le premier équipage engagé ne disposait plus du matériel normalement présent à Tassin et a dû attendre un moyen venu d’ailleurs.

L’épisode donne son sens à l’expression de « préjudice opérationnel » employée deux jours auparavant par la préfecture et le SDMIS. Au 15 septembre, onze casernes avaient été visées depuis début août. Les autorités avaient annoncé une protection renforcée du matériel de secours routier, davantage de dispositifs de détection, des inspections de sûreté par policiers et gendarmes et des patrouilles accrues autour des centres. Tassin a été cambriolée alors que ces mesures commençaient à être déployées.

L’enjeu n’est donc pas seulement matériel. Le SDMIS couvre le Rhône et la Métropole avec 100 casernes et près de 120 000 opérations de secours par an. Il indique que 90 % de la population est secourue en moins de treize minutes. Ce maillage permet de déplacer des moyens lorsqu’un centre ne peut pas assurer seul une intervention.

Tous les équipements spécialisés n’étant pas présents dans chaque caserne, les capacités sont réparties entre les centres. La contrepartie apparaît lorsque l’un de ces équipements disparaît. Une autre équipe peut prendre le relais, mais elle doit parcourir la distance.

À Tassin, une autre caserne a fourni le moyen manquant : les secours ont mobilisé une trentaine de pompiers et les cinq victimes ont été transportées à l’hôpital. Mais, ce matin-là, du matériel normalement disponible à Tassin avait disparu de la caserne. Le plan de sécurisation annoncé le 15 septembre vise désormais autant à protéger cette capacité de secours qu’à protéger les bâtiments eux-mêmes.

Sources consultées
  1. TF1 Info« Des minutes perdues pour la victime » : des pinces de désincarcération volées retardent les pompiers sur un accident grave
  2. TF1 Info« Ça peut servir pour des cambriolages » : l'inquiétude des pompiers du Rhône et de l'Isère après des vols de pinces de désincarcération
  3. Le Progrès11 casernes de pompiers ciblées par des vols depuis août : un plan de sécurisation mis en place
  4. SDMISLe patrimoine immobilier du SDMIS