
Lyon veut étendre à toutes les associations qu’elle soutient une règle déjà appliquée dans le sport. La Ville a annoncé le 17 septembre que la formation des cadres à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles deviendrait une condition d’attribution des subventions municipales.
Le budget 2026 prévoit 75,5 millions d’euros de subventions aux partenaires associatifs, de l’éducation populaire à la petite enfance, en passant par la culture, le sport, l’emploi et la solidarité. La Ville n’a toutefois pas indiqué quelle part exacte de cette enveloppe entrera dans le nouveau dispositif.
Le dispositif existe déjà dans le sport. Depuis la saison 2024-2025, une association qui demande une subvention à la Direction des sports doit attester qu’au moins deux membres de ses équipes dirigeantes ou encadrantes ont suivi une sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles. La même condition vaut pour certains créneaux et locaux sportifs municipaux. Près de 500 clubs et associations étaient concernés lors de l’adoption du dispositif, dont 180 bénéficiaient de subventions.
Dans le sport, la collectivité ne finance donc pas seulement une activité : elle attache à son soutien une obligation portant sur le fonctionnement de l’association elle-même. La condition est préalable à la demande de subvention. La Ville affirme aujourd’hui que 90 % des clubs qu’elle finance ont suivi la formation obligatoire.
L’extension annoncée ferait de cette règle sportive un critère transversal de la politique associative lyonnaise. Mais les modalités générales ne sont pas encore publiées : la Ville n’indique ni la date d’entrée en vigueur, ni le nombre de responsables à former dans les autres secteurs, ni les formations qui seront reconnues. La procédure générale de demande de subvention consultée le 17 septembre détaille encore uniquement l’obligation applicable aux associations sportives.
Deux autres mesures ont été annoncées le même jour. Un fonds municipal doit financer des dépenses immédiates pour les victimes, par exemple un changement de serrure, une garde d’enfants, des nuits d’hôtel ou un déménagement. La Ville veut également augmenter son parc d’hébergement d’urgence, alors qu’elle met actuellement six appartements à disposition de l’association Le Mas pour accueillir des femmes victimes de violences, avec ou sans enfant. Ni le montant du fonds ni le nombre de logements supplémentaires ne sont encore précisés.
Ces annonces précèdent un plan municipal plus large, qui doit être élaboré avec les groupes politiques, les associations et les institutions partenaires puis soumis au conseil municipal d’ici l’été 2027. Pour les associations lyonnaises, reste une date décisive : celle de la première campagne de subventions où cette formation sera exigée.