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À Lyon, l’électrification passe aussi par le retrait de branches du réseau de gaz

Lyon fait partie des six métropoles engagées à mettre hors service certaines branches du réseau de gaz dans leur feuille de route d’électrification.

Réseaux électriques et gaziers lyonnais

La Métropole de Lyon fait partie des 109 territoires retenus par l’État pour accélérer l’électrification des usages jusqu’en 2030. Derrière les bornes, les bus ou le chauffage des bâtiments, l’engagement lyonnais comporte une décision moins visible : l’ADEME indique que la Métropole s’engage, avec Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble, à « décommissionner » certaines branches du réseau de gaz, autrement dit à organiser leur mise hors service.

Les 58 communes sont concernées par le programme. La Métropole veut notamment accélérer la baisse du gaz et du fioul dans les bâtiments, l’électrification des entreprises, des véhicules et du parc de bus, ainsi que créer un site de recharge pour poids lourds électriques. Ces priorités doivent maintenant devenir une feuille de route avec l’État, l’ADEME et les acteurs concernés, pour une signature prévue d’ici à la fin de l’année. Les premiers projets du programme national doivent démarrer à partir de la fin 2026. Aucun budget propre au programme lyonnais ni liste définitive d’investissements n’a encore été publié.

Le cas du gaz donne une autre dimension à cette planification. Dans la seule ville de Lyon, la concession comptait encore 132 540 abonnés et acheminait 1 885 GWh en 2024. À l’échelle métropolitaine, la collectivité est propriétaire des réseaux publics de distribution de gaz et d’électricité et en concède l’exploitation. Elle gère directement ces contrats à Lyon et s’appuie sur le SIGERLy pour les autres communes.

Réduire l’usage du gaz ne fait donc pas automatiquement disparaître le coût du réseau qui l’achemine. Dans son étude publiée en juillet, la Commission de régulation de l’énergie estime qu’à l’échelle française, les charges des infrastructures gazières diminueront moins vite que la consommation et le nombre d’usagers. À mesure que certains clients quittent le gaz, le choix entre maintenir une canalisation et organiser son retrait devient aussi une question économique. Lyon entre précisément dans ce travail, sans que les branches concernées aient encore été désignées.

La Métropole ne prépare pas pour autant un basculement général vers le tout-électrique. Sa stratégie conserve les réseaux de chaleur et de froid, le biogaz, la géothermie et la production locale d’énergies renouvelables. L’électrification devra donc s’articuler avec plusieurs réseaux énergétiques appelés à évoluer ensemble.

Pour l’heure, aucune branche lyonnaise n’est désignée. La feuille de route attendue en fin d’année devra préciser les projets à accélérer, leur calendrier et les moyens associés.

Sources consultées
  1. Métropole de LyonLa Métropole de Lyon mise sur l’électrification des usages
  2. ADEME100 territoires d’électrification : présentation des lauréats
  3. Métropole de LyonRapport du délégataire GRDF pour la concession de distribution publique de gaz à Lyon, exercice 2024
  4. Commission de régulation de l’énergieAvenir des infrastructures gazières à 2050 : la CRE évalue les coûts des infrastructures nécessaires en 2050 et l’impact sur le tarif de réseau