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Cancer de l’ovaire : pourquoi Lyon Sud va accueillir plus de patientes

À Lyon Sud, une consultation spécialisée doit être proposée sous 72 heures. Le dispositif accompagne la concentration de la chirurgie du cancer de l’ovaire.

Illustration - parcours cancer de l’ovaire Lyon Sud

À l’hôpital Lyon Sud, une patiente chez qui une tumeur de l’ovaire est suspectée après de premiers examens doit désormais se voir proposer une consultation spécialisée dans les 72 heures suivant sa première demande. Les HCL ont créé pour cela un point d’entrée unique destiné aux médecins qui l’adressent, avec une infirmière chargée de coordonner le parcours. Les 72 heures concernent bien le rendez-vous de consultation, pas le diagnostic ou l’opération.

Cette nouvelle organisation accompagne une évolution plus profonde : la chirurgie du cancer de l’ovaire se concentre dans des centres capables d’en pratiquer régulièrement les formes les plus complexes. Les règles nationales imposent désormais aux établissements autorisés pour cette chirurgie au moins 20 opérations annuelles de réduction complète d’un cancer avancé. Elles exigent également des équipes pluridisciplinaires et des capacités adaptées aux interventions les plus complexes.

L’Institut national du cancer relève une association entre un volume élevé d’interventions, pour l’établissement comme pour le chirurgien, et une meilleure survie des patientes atteintes d’un cancer avancé de l’ovaire. Quand moins d’hôpitaux peuvent opérer, les patientes peuvent cependant avoir davantage de trajet à parcourir et les centres autorisés doivent absorber une activité plus importante. L’INCa anticipait d’ailleurs une hausse significative des temps de trajet pour cette chirurgie avec l’application des nouveaux seuils.

À Lyon, les HCL indiquent qu’au début de 2026, quatre établissements de l’agglomération pratiquent la chirurgie de l’ovaire dans le cadre des nouvelles autorisations : les HCL, le Centre Léon Bérard, l’hôpital privé Jean Mermoz et la Clinique Charcot. Le CHU estime que plusieurs dizaines d’interventions jusque-là réalisées dans d’autres établissements doivent être réorientées vers ces centres.

Lyon Sud organise donc aussi une montée en charge. Les HCL y ont réalisé 84 interventions en 2024, soit environ un quart de l’activité régionale selon le CHU, et prévoient d’accueillir jusqu’à 150 patientes par an à l’horizon 2028. Pour les situations qui le nécessitent, le parcours prévoit également une exploration chirurgicale dans les sept jours suivant la consultation et, pour certaines formes peu étendues, un objectif d’opération dans les quinze jours.

Le point d’entrée sous 72 heures sert ainsi autant à raccourcir l’attente qu’à orienter plus vite les patientes vers l’équipe spécialisée. Les HCL n’ont pas détaillé les moyens humains ou les capacités supplémentaires associés à l’objectif de 150 patientes par an. À Lyon Sud, c’est cette montée en charge, autant que le délai annoncé pour le premier rendez-vous, qui dira ce que la nouvelle organisation change réellement.

Sources consultées
  1. Hospices Civils de LyonCancer de l’ovaire : une prise en charge coordonnée à l'hôpital Lyon Sud
  2. Institut national du cancerLe dispositif d’autorisation de traitement du cancer
  3. LégifranceArrêté du 26 avril 2022 fixant les seuils d’activité minimale annuelle applicables à l’activité de soins de traitement du cancer
  4. LégifranceDécret n° 2022-689 du 26 avril 2022 relatif aux conditions d’implantation de l’activité de soins de traitement du cancer