
La Halle Tony-Garnier, Eurexpo et la LDLC Arena doivent désormais accomplir ce que Nice comptait en partie construire pour les Jeux de 2030. Du 14 au 16 septembre, la commission de coordination du CIO examine à Lyon cette nouvelle organisation du pôle glace et doit finaliser la répartition des sports et disciplines retenus pour la métropole. Vincent Roberti prend, le même jour, la présidence par intérim du comité d’organisation.
La carte lyonnaise annoncée fin juin repose sur trois sites de compétition : la Halle Tony-Garnier à Lyon, l’Arena de Décines-Charpieu et le parc des expositions de Chassieu. Les patinoires Charlemagne et Baraban doivent servir à l’entraînement, tandis que le village des athlètes du pôle glace sera installé à La Saulaie, à Oullins-Pierre-Bénite. La Métropole attend plus de 1 600 athlètes et para-athlètes pour les disciplines de glace.
Cette géographie explique une bonne partie de l’intérêt financier du transfert depuis Nice. Le projet azuréen comprenait une nouvelle patinoire olympique à Saint-Isidore, avec deux aires de glace et une jauge modulable pouvant atteindre 10 000 places. Le coût d’objectif de sa conception et de sa construction avait été fixé à 115 millions d’euros hors taxes, hors exploitation et maintenance. Dans le projet initial, cette patinoire devait constituer le principal nouvel équipement sportif construit pour les Jeux.
À Lyon, les grandes enceintes sont déjà là. Lors de son audition à l’Assemblée nationale le 15 juillet, Vincent Roberti a estimé à environ 100 millions d’euros les économies permises par le déplacement du pôle glace de Nice vers Lyon. Le chiffre porte sur l’économie globale attendue pour les Jeux, et non sur une facture lyonnaise déjà arrêtée.
L’économie ne signifie pas que les salles lyonnaises sont déjà prêtes pour les Jeux. Il faut adapter les enceintes aux exigences des sports de glace, répartir les compétitions, organiser les entraînements et coordonner des sites dispersés entre Gerland, Chassieu, Décines et Oullins-Pierre-Bénite. Le montant précis de ces adaptations n’a pas encore été rendu public.
Le compromis apparaît aussi dans ce que Lyon ne peut pas accueillir. Le patinage de vitesse sur longue piste partira à Heerenveen, aux Pays-Bas, faute d’anneau adapté en France. Le COJOP avait évalué qu’une installation temporaire comparable à celle utilisée à Milan aurait coûté environ 20 millions d’euros.
La visite du CIO examine donc davantage qu’une liste de salles. Elle doit vérifier la capacité à organiser les Jeux avec un patrimoine existant plutôt qu’avec de nouveaux équipements spécialisés. À Lyon, le gain financier annoncé est considérable, mais il déplace la difficulté vers l’exploitation : faire de trois grandes enceintes de concerts, de spectacles et d’expositions, complétées par deux patinoires d’entraînement et un village à La Saulaie, un même pôle olympique multisites en février 2030.
Sources consultées
- ReutersRoberti named interim head of French Alps 2030 committee
- Métropole de LyonJeux d'hiver Alpes 2030 dans la métropole de Lyon : la carte des sites dévoilée
- COJOP Alpes 2030Le Village Olympique et Paralympique du pôle glace de la Métropole de Lyon s'implantera à Oullins-Pierre-Bénite
- Assemblée nationaleAvis budgétaire sur le sport, la jeunesse et la vie associative
- Le MondeJO d’hiver 2030 : une rentrée sur plusieurs fronts pour les organisateurs des Jeux dans les Alpes françaises
- Le MondeJO 2030 : comment Nice a perdu les très rentables épreuves du pôle glace au profit de Lyon