
Alteca passe le cap des 1 000 salariés. L’entreprise de services numériques, créée à Lyon et installée à Villeurbanne, confirme le rachat d’Aleysia, autre société née dans la métropole. Le nouvel ensemble est présent dans 12 villes et vise près de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027. Cet objectif reste à atteindre. Le changement immédiat est ailleurs : Alteca veut pouvoir prendre sous sa responsabilité davantage de projets numériques complets.
Une ESN peut fournir quelques ingénieurs qui travaillent au sein des équipes d’un client. Elle peut aussi s’engager sur un périmètre entier, avec une équipe chargée de concevoir, développer, tester, mettre en production puis maintenir un service. Alteca pratique déjà ce modèle dans ses centres de services : une de ses références porte par exemple sur la maintenance de 45 applications et 243 flux de données réunis dans un même contrat. Avec Aleysia, elle dit vouloir développer davantage ces « projets à engagement ».
L’intelligence artificielle, très visible dans l’annonce, n’est donc pas la nouveauté principale. Alteca avait déjà racheté DataFab en 2023 pour renforcer cette activité. Cette entité revendique aujourd’hui une centaine de spécialistes et 250 projets réalisés, de l’architecture des données jusqu’à leur mise en service. Elle travaille aussi sur l’IA générative et l’industrialisation des modèles.
Aleysia apporte des compétences complémentaires en infrastructures, développement d’applications, cloud et DevOps, gestion de projet et tests logiciels. Elle exploite elle aussi des centres de services avec des équipes dédiées aux projets de ses clients. Faire fonctionner durablement une application utilisant l’IA demande autant de savoir déployer, tester et maintenir le système que de savoir construire le modèle lui-même.
Cette montée en taille intervient alors que les ESN françaises travaillent dans un marché moins confortable qu’après la pandémie. Numeum et Xerfi prévoient une croissance de 3 % du numérique en 2026, mais relèvent pour les ESN une pression persistante sur les prix et des recrutements devenus plus sélectifs. Prendre en charge un projet entier plutôt que vendre seulement du temps d’ingénieur s’inscrit dans ce mouvement.
L’opération reste profondément lyonnaise. Alteca est née en 1996 à Lyon, Aleysia en 2013, et le siège de l’acquéreur se trouve à Villeurbanne. La métropole compte 58 900 emplois dans le numérique et 11 300 établissements du secteur. Selon Le Journal des Entreprises, les équipes lyonnaises d’Aleysia doivent rejoindre celles d’Alteca à Villeurbanne.
La répartition locale des 1 000 salariés n’est pas publiée. Les premiers projets menés en commun permettront donc de mesurer ce que cette acquisition ajoute réellement. À Villeurbanne, les équipes doivent maintenant réussir l’étape moins visible que le rachat : faire travailler ensemble data, logiciel, infrastructure et exploitation sur les mêmes contrats.
Sources consultées
- AltecaAlteca franchit le cap des 1 000 collaborateurs en France avec l’acquisition d’Aleysia
- AltecaUne TMA unique pour 45 applications et 243 flux de données
- AleysiaExpertises
- NumeumLe marché du numérique français sort de la zone de turbulences, mais l’attentisme freine encore la reprise
- Métropole de LyonL’offre de services dans le secteur du numérique
- Le Journal des EntreprisesAlteca acquiert Aleysia et franchit le cap des 1 000 salariés