
Au 11 rue de la Monnaie, dans le 2e arrondissement de Lyon, un appartement fut l’un des points d’appui d’un réseau d’évasion européen. C’est depuis cette adresse que Raymonde Rose Pillot-Perrier, honorée à titre posthume ce 7 septembre de la médaille de Juste parmi les Nations, participa pendant la guerre aux activités clandestines de Dutch-Paris.
Elle n’a que 17 ans lorsqu’elle devient secrétaire de Jean Weidner, entrepreneur néerlandais installé entre Lyon et Annecy. Lorsque celui-ci organise Dutch-Paris, son travail change de nature. Raymonde Pillot transporte de l’argent et des documents, accompagne des résistants et des aviateurs alliés, mais aussi des Juifs français, belges ou néerlandais qu’il faut conduire jusqu’en Suisse. Le dossier de Yad Vashem cite notamment les familles Goldstein et Smit.
Lyon est alors une étape d’un itinéraire clandestin qui remonte vers Annecy puis la Suisse. Raymonde ne se contente pas d’y travailler : son propre domicile, rue de la Monnaie, est mis à disposition du réseau.
Le 28 février 1944, la Gestapo l’arrête à cette même adresse. Elle est détenue à la prison de Montluc, puis transférée avant d’être déportée à Ravensbrück en mai. Affectée ensuite au kommando de Zwodau, elle survit jusqu’à sa libération en mai 1945. Son parcours fait ainsi tenir dans quelques kilomètres de Lyon deux réalités de la Résistance : les appartements où l’on cache, organise et prépare les départs, puis les lieux où la répression vient les interrompre.
Raymonde Pillot-Perrier est morte en 2014. Yad Vashem lui a décerné le titre de Juste parmi les Nations en 2024 ; la médaille lui a été remise à titre posthume ce 7 septembre 2026. Cette distinction tardive remet surtout une adresse lyonnaise sur la carte de la clandestinité : au 11 rue de la Monnaie, une jeune secrétaire de 17 ans transportait des papiers et de l’argent, et accompagnait des personnes vers la Suisse.