
Sous le bâtiment Neyret, sur les pentes de la Croix-Rousse, les archéologues n’ont pas retrouvé un nouveau grand monument romain. Ils ont mis au jour quelque chose de plus quotidien : les traces d’un quartier habité. Une maison, un sol en terrazzo, un égout, les marques d’un incendie et quelques objets déposés sous un plancher font surgir un morceau de Condate, le secteur antique installé autour de l’amphithéâtre des Trois Gaules.
La première phase de fouille, menée du 29 juin au 18 juillet par la Direction de l’Archéologie de la Ville de Lyon, a retrouvé un habitat du Ier siècle après J.-C., aménagé sur une pente découpée en terrasses. Au moins trois pièces ont été identifiées. Dans l’une d’elles, le sol en terrazzo, un béton antique incrusté de petites tesselles, se poursuit encore sous la partie qui doit être explorée lors de la deuxième phase.
Cette maison a aussi connu un accident dont la trace est restée dans le sol pendant près de 1 900 ans. Un important niveau d’incendie est daté des années 120-130. L’habitat est ensuite reconstruit au IIe siècle, tandis qu’un égout maçonné évacue les eaux vers un axe antique situé du côté de l’actuelle montée des Carmélites.
Les découvertes les plus évocatrices tiennent pourtant dans beaucoup moins d’espace. Les archéologues ont retrouvé les fondations d’un laraire, petit autel consacré aux divinités protectrices du foyer. Sous le sol se trouvait également un dépôt cultuel associant une lampe à huile retournée, face décorée contre terre, un escargot, une coquille d’huître et un os de poule. Impossible de connaître les habitants de cette maison, mais ces quelques objets ramènent la fouille à l’échelle de leurs gestes domestiques.
Neyret n’est pas un point isolé. Au Jardin des Plantes voisin, les sondages menés en début d’année ont retrouvé un important niveau d’incendie que la Ville identifie comme le même que celui observé au bâtiment Neyret, autour de 120 après J.-C. Mis bout à bout, ces résultats dessinent un secteur densément occupé autour de l’amphithéâtre. Ils ne localisent pas pour autant le sanctuaire fédéral des Trois Gaules, connu par les textes antiques mais toujours non retrouvé.
Les fouilles précèdent la réhabilitation du bâtiment Neyret et reprennent en septembre. Des visites gratuites sont prévues les 8, 15, 22 et 29 septembre, à partir de 12 ans. Au 7 septembre, les deux créneaux du 8 sont complets ; les inscriptions pour les dates suivantes se font sur la page de réservation de la Ville de Lyon. D’autres visites sont prévues les 19 et 20 septembre pendant les Journées européennes du patrimoine.
Chaussures fermées aux pieds et casque sur la tête, les visiteurs découvriront ainsi non seulement des murs romains, mais les restes d’une maison qui a été aménagée, habitée, brûlée puis reconstruite sur les pentes lyonnaises.