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Dans le Pilat, les louveteaux font changer d’échelle la présence du loup

La reproduction du loup dans le Pilat change la donne pour les élevages du Rhône, désormais confrontés à une présence susceptible de se répéter.

Illustration - loups dans le Pilat

Des louveteaux ont été détectés dans le massif du Pilat. Pour la préfecture du Rhône, leur présence confirme la reproduction du loup et la constitution d’une première meute sur le massif, après une multiplication des prédations depuis le début de l’été. Le 31 août, l’État a annoncé en parallèle de nouvelles mesures pour les éleveurs du Pilat et de l’Ouest rhodanien.

En avril 2021, lorsqu’un appareil photographique avait permis à l’Office français de la biodiversité d’authentifier pour la première fois un loup dans le Rhône, à Chambost-Allières, la préfecture précisait que cette observation ne faisait pas du département une zone de présence permanente. Les années suivantes avaient encore été marquées par des passages et des prédations dispersés. La détection de louveteaux marque cette fois une reproduction sur le massif.

Elle indique qu’un groupe familial a utilisé le Pilat suffisamment longtemps pour y avoir mis bas. Le massif dépasse les limites du Rhône, et la préfecture situe bien la première meute à cette échelle, non dans le seul département. Pour les exploitations rhodaniennes exposées, la possibilité de nouvelles observations et prédations devient toutefois moins exceptionnelle.

Cette évolution touche un paysage où le pâturage conserve une place importante. À l’échelle de l’ensemble du massif du Pilat, le pastoralisme concerne environ 6 500 hectares, répartis sur 39 communes et plus de 300 fermes. Prairies permanentes et parcours représentent 60 % de la surface agricole utile. Bovins, ovins, caprins et chevaux y entretiennent des espaces souvent peu adaptés à d’autres usages agricoles. La protection contre la prédation devient donc aussi une question de travail, de coût et d’usage des pâtures.

Le Rhône avait déjà mis en place des outils de protection. Chaque année, l’État classe les secteurs selon la pression de prédation, ce qui permet notamment aux élevages ovins et caprins concernés de financer chiens de protection, clôtures ou gardiennage, le plus souvent à hauteur de 80 %. En cas d’attaque, l’OFB réalise le constat qui peut ouvrir droit à indemnisation; la DDT peut également fournir du matériel de protection d’urgence dans les secteurs soumis à une pression de prédation.

Depuis le 31 août, maires et éleveurs doivent en outre être informés dans un rayon de 15 kilomètres autour de chaque suspicion de prédation. Le préfet a mobilisé les lieutenants de louveterie dans le Pilat et l’Ouest rhodanien pour compléter les tirs de défense déjà accessibles à certains éleveurs. Ces tirs restent liés à la protection d’un troupeau et encadrés par les règles applicables à une espèce protégée.

Le Rhône ne découvre donc pas le loup en 2026. Il découvre ce que sa reproduction peut changer. Un animal de passage produit des alertes ponctuelles; une meute oblige à organiser durablement surveillance, protection et défense des troupeaux. Dans le Pilat rhodanien, cette organisation devra désormais suivre le rythme des pâtures autant que celui des prochaines observations.

Sources consultées
  1. Préfecture du RhôneUn loup très probablement identifié dans le département du Rhône
  2. Préfecture du RhôneLes aides financières à la protection des troupeaux
  3. Préfecture du RhôneLe protocole de tirs
  4. Parc naturel régional du PilatLe pâturage avance dans le Pilat !
  5. Lyon SaveursLe loup est présent dans la Rhône : Gare au loup !