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À Saint-Priest, TeamUP teste ses outils NRBC-E en conditions d’intervention

À Saint-Priest, pompiers, policiers et médecins ont testé les outils européens de TeamUP face à un scénario de « bombe sale », avant publication des résultats.

Illustration - Exercice NRBC-E à Saint-Priest

Une explosion dans une foule, des victimes au sol, puis des messages revendiquant une attaque à la « bombe sale ». Du 24 au 28 août, ce scénario fictif a servi à Saint-Priest au premier essai grandeur nature de TeamUP, un projet européen consacré aux interventions face aux risques nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques et explosifs, les risques NRBC-E.

Dans ce type d’intervention, détecter le danger n’est qu’une partie du problème. Il faut aussi retrouver et secourir les victimes, les trier, les décontaminer, suivre leur état médical et faire circuler rapidement l’information entre équipes de terrain et poste de commandement. TeamUP cherche à relier ces différentes étapes avec des capteurs, des outils numériques de triage et de coordination, des drones ou encore des dispositifs de décontamination.

Le passage à Saint-Priest sert précisément à éprouver cette chaîne. Une technologie peut donner de bons résultats lors d’un essai isolé et devenir encombrante avec une combinaison de protection, demander trop de manipulations sous pression ou transmettre une information trop tard pour être utile. Le projet européen a défini 209 indicateurs pour évaluer 23 technologies, à la fois sur leur efficacité et sur leur utilisation pendant une intervention.

Après des essais en laboratoire et des exercices de moindre ampleur, les journées des 26 et 27 août ont mis en œuvre le scénario radiologique et explosif avec des spécialistes, pompiers, policiers, médecins et équipes chargées du tri des victimes ou du commandement. Des tests séparés ont porté sur des détecteurs chimiques et biologiques. Le 28 août était consacré à l’évaluation de l’exercice et aux retours des participants.

Saint-Priest n’a pas été choisi comme simple décor. Le SDMIS du Rhône et de la Métropole de Lyon est partenaire de TeamUP et coorganisait l’essai avec l’École nationale supérieure de la police. Le projet s’appuie justement sur des services qui connaissent les contraintes des primo-intervenants. L’ENSP relève notamment que, lors de la première phase d’un événement NRBC-E, les équipes non spécialisées disposent de moyens plus limités que les équipes spécialisées et travaillent encore avec des formations et procédures largement cloisonnées entre organisations.

Le programme dispose d’un budget de 6,3 millions d’euros, dont 5,7 millions financés par l’Union européenne, et n’en est pas au stade d’un déploiement courant dans les services de secours. Aucun résultat consolidé du test de Saint-Priest n’est encore publié. L’exercice ne permet donc pas de dire quels outils ont réellement amélioré l’intervention, ni lesquels ont montré leurs limites.

L’essai va toutefois plus loin qu’une démonstration de prototype. TeamUP doit maintenant exploiter les retours recueillis à Saint-Priest avant un second essai grandeur nature prévu en octobre à Athènes, cette fois autour d’un scénario chimique et biologique. Les gants, les délais, les procédures et les échanges entre services auront ainsi autant compté à Saint-Priest que les capteurs eux-mêmes.

Sources consultées
  1. TeamUPTeamUP first Full-Scale Trial in Lyon to test CBRN-E response tools in near operational field conditions
  2. Commission européenne, CORDISHOLISTIC CAPABILITY AND TECHNOLOGY EVALUATION AND CO-CREATION FRAMEWORK FOR UPSKILLED FIRST RESPONDERS AND ENHANCED CBRN-E RESPONSE
  3. École nationale supérieure de la policeLes projets de recherche du LRENSP
  4. TeamUPPartners