
La Métropole de Lyon veut commencer à recruter début 2027 sa future police des transports, avec 120 agents visés à mi-mandat puis 200 en 2032. L’annonce faite mardi 25 août à Sans-Souci précise un projet engagé avant l’été : Véronique Sarselli l’avait placé parmi ses premières mesures dès avril et la majorité métropolitaine avait déjà fixé les mêmes objectifs d’effectifs.
Cette nouvelle force arriverait sur un réseau déjà fortement équipé. SYTRAL Mobilités indique consacrer près de 30 millions d’euros par an à la lutte contre l’insécurité ; TCL recense aujourd’hui près de 12 000 caméras, auxquelles s’ajoutent agents de sécurité, contrôleurs, médiateurs et coopération avec les forces de l’ordre. La police métropolitaine ajouterait surtout des policiers municipaux dédiés, distincts des agents de sûreté de l’exploitant. Le programme de la majorité avait chiffré sa première phase à 8 millions d’euros par an pour 120 agents. Ce montant reste pour l’instant un chiffrage politique, pas un budget voté.
Le mot « métropolitaine » peut toutefois induire en erreur. Le droit permet bien à la Métropole de Lyon de recruter elle-même des policiers municipaux, mais à la demande de plusieurs maires et après l’accord d’une majorité qualifiée des conseils municipaux concernés. Une fois affectés dans une commune, ces agents exercent sous l’autorité de son maire. La Métropole peut donc employer et mutualiser la brigade ; elle ne dispose pas pour autant d’une police placée partout sous le commandement direct de sa présidente.
Cela explique les mesures intermédiaires annoncées le 25 août. Pendant que la brigade sera recrutée, l’exécutif veut conclure des conventions avec les communes pour faire davantage intervenir leurs polices municipales dans les transports, et mobiliser les réserves de la police nationale et de la gendarmerie. Ce dispositif est distinct de la future brigade. Le code permet déjà à des communes contiguës desservies par un même réseau de transports de conclure une convention locale afin que leurs policiers municipaux puissent intervenir sur les portions du réseau qui les traversent.
Depuis son élargissement, TCL dessert aujourd’hui 262 communes et près de deux millions d’habitants, alors que la Métropole de Lyon en compte 58. Ce mécanisme de recrutement concerne les 58 communes métropolitaines. Les annonces disponibles ne précisent pas encore si, ni comment, la future brigade pourrait intervenir sur les lignes TCL situées au-delà.
L’armement reste lui aussi à préciser. L’exécutif souhaite des agents armés et Jérémie Bréaud a indiqué mardi vouloir une évolution du cadre légal. Or le code permet déjà à des policiers municipaux d’être autorisés individuellement à porter une arme par le préfet, sous certaines conditions. La modification recherchée auprès de l’État n’a donc pas encore été précisée.
Les 120 recrutements seront la partie la plus facile à mesurer. Pour que cette police patrouille réellement dans les métros, trams et bus, il faudra d’abord savoir quelles communes entrent dans le dispositif, quelles conventions elles signent et sur quelles lignes les agents pourront intervenir.
Sources consultées
- Métropole de Lyon« La qualité de vie des Grands Lyonnais sera ma boussole »
- Grand Cœur LyonnaisProgramme métropolitain 2026-2032
- Le Progrès« On y va franco » : après le drame de Sans-Souci, la Métropole annonce vouloir armer sa future police des transports
- LégifranceArticle L3642-3 du Code général des collectivités territoriales
- SYTRAL MobilitésLes caméras de protection individuelle de nouveau déployées
- TCLLe réseau TCL