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Saint-Romain-en-Gal : des fils d’or dans la chambre du mausolée romain

Restes incinérés, objets brûlés et textile avec fils d’or doivent aider les archéologues à mieux comprendre le défunt et son rituel funéraire.

Illustration du mausolée de Saint-Romain-en-Gal

Sous la terre de Saint-Romain-en-Gal, le mausolée découvert en 2025 commence à livrer les traces du défunt qu’il abritait. La campagne de fouilles 2026 a atteint dans sa chambre funéraire les restes incinérés d’un adulte, accompagnés de vaisselle, de balsamaires, d’éléments en os travaillé et de fragments de textile avec des fils d’or. Une partie de ces objets porte elle aussi les traces du feu.

Le contraste est saisissant. Le monument, construit autour de 50 après J.-C., possédait un espace intérieur d’environ 15 mètres de diamètre et devait dépasser six mètres de hauteur. Sa forme rappelle les grands tombeaux à tumulus de l’aristocratie romaine, jusqu’au mausolée d’Auguste à Rome. Mais pour comprendre aujourd’hui celui ou celle qui y fut incinéré, les archéologues travaillent sur des indices autrement plus petits : quelques os, du bois brûlé, d’éventuels restes végétaux, des objets et des fibres textiles.

C’est désormais le travail engagé par l’équipe dirigée notamment par Giulia Ciucci, responsable scientifique du site archéologique de Saint-Romain-en-Gal, et Corinne Rousse, d’Aix-Marseille Université. L’étude des os doit apporter des informations sur le défunt. Celle des charbons peut identifier le bois utilisé sur le bûcher, tandis que les restes végétaux, le mobilier et les textiles feront l’objet d’analyses spécialisées. Les fils d’or attirent forcément l’œil, mais leur intérêt tient surtout au contexte qu’ils peuvent contribuer à restituer. L’identité et le statut précis de la personne incinérée restent inconnus.

Le mausolée lui-même avait surgi là où les chercheurs ne l’attendaient pas. Les fouilles de 2025 cherchaient à retrouver le contexte d’origine de la mosaïque des Saisons, découverte à Saint-Romain-en-Gal en 1890 et restaurée avant son retour temporaire sur le site. Elles ont rencontré à la place ce grand monument funéraire, ajoutant une pièce inattendue à la connaissance de la rive droite de la Vienna antique, célèbre pour ses riches demeures, ses thermes et ses activités commerciales.

À Saint-Romain-en-Gal, le site n’est pas seulement un ensemble antique déjà fouillé et présenté au musée : il reste un terrain de recherche et de formation. Étudiants et chercheurs y travaillent dans le cadre d’un chantier-école, et le public peut observer leur travail. Des visites du chantier sont proposées jusqu’au 28 août.

Deux mille ans après la crémation, personne ne peut encore donner un nom au défunt. Cet été, à Saint-Romain-en-Gal, l’enquête repart de quelques os brûlés, de fragments de vaisselle et de fils d’or retrouvés dans la chambre funéraire.

Sources consultées
  1. ArpamedLe mausolée de Saint-Romain-en-Gal
  2. Ministère de la Culture, DRAC Auvergne-Rhône-AlpesDécouvertes archéologiques exceptionnelles sur le site de Saint-Romain-en-Gal
  3. Rhône TourismeVisite : Fouilles Archéologique, chronique d'un chantier de fouilles