Article

À Monplaisir, le chantier Frères-Lumière met ses commerces à l’épreuve

Fermée aux voitures entre Villon et Jouvet jusqu’à fin octobre, l’avenue Frères-Lumière traverse la phase la plus contraignante de sa transformation.

Illustration - Chantier avenue des Frères-Lumière

Depuis le 29 juin, la circulation automobile est interrompue avenue des Frères-Lumière entre les rues Villon et Louis-Jouvet. La réouverture est annoncée pour fin octobre, mais les travaux ne s’arrêteront pas là : sur le dernier tronçon, le pavage du trottoir sud doit se poursuivre jusqu’en janvier ou février 2027.

Monplaisir traverse ainsi la phase la plus contraignante d’un réaménagement lancé début 2025. L’objectif final est connu : transformer l’ancienne Grande rue de Monplaisir en vélorue, élargir les trottoirs, planter une centaine d’arbres, mieux organiser les livraisons et supprimer une partie du trafic de transit. L’avenue concentre pourtant précisément les usages qu’un chantier supporte mal : de nombreux commerces, un marché, des écoles, la MJC et l’Institut Lumière.

En octobre 2025, la Métropole a porté le coût prévisionnel à 8,61 millions d’euros TTC sur le budget principal, soit 980 000 euros supplémentaires après l’attribution des marchés et l’ajout de reprises de voirie dans les rues voisines. À cette enveloppe s’ajoutent 2,78 millions d’euros HT consacrés à l’assainissement. Une partie peu visible du chantier concerne en effet les réseaux souterrains et la gestion des eaux pluviales, pas seulement les trottoirs et les arbres.

Pour les commerces, le calendrier est moins abstrait. Le Progrès a recueilli en août des baisses de chiffre d’affaires déclarées allant jusqu’à 60 %. Ce sont des témoignages individuels, pas une mesure globale de l’activité de l’avenue. Ils documentent néanmoins une difficulté que la Métropole avait anticipée : conserver les accès, les livraisons et la fréquentation pendant que la rue est ouverte par morceaux.

Les cheminements piétons et les accès aux commerces doivent rester ouverts. Une boucle WhatsApp informe les commerçants des interventions à proximité, et la Métropole a déjà modifié circulation et signalisation en réponse à certaines difficultés. Aucun fonds ou dispositif spécifique d’indemnisation n’est annoncé dans les informations officielles consacrées au chantier.

En droit administratif, une baisse d’activité provoquée par des travaux publics n’est pas automatiquement indemnisée. Il faut notamment établir un préjudice dépassant les contraintes normalement supportées par les riverains. Dans une affaire distincte, le Conseil d’État a ainsi refusé une indemnisation malgré une baisse moyenne d’environ 20 %, l’accès au magasin étant resté possible.

Le Carrefour Market des Frères-Lumière en a déjà donné une illustration locale. En novembre 2025, son exploitant avait saisi le tribunal administratif en raison des difficultés rencontrées par ses poids lourds de livraison. Un camion avait été bloqué par une tranchée avant l’intervention des services techniques. Le juge a toutefois estimé que l’impossibilité d’accès n’était pas établie et que les faits caractérisaient, à ce stade, une simple gêne dans l’activité.

La Métropole construit une avenue pensée pour être plus agréable à parcourir et, à terme, plus favorable au commerce. Pendant encore plusieurs mois, sa réussite se joue aussi dans le maintien quotidien des accès, des livraisons et de la fréquentation pendant que les pavés avancent de Villon vers Jouvet.

Sources consultées
  1. Mairie du 8e arrondissement de LyonInfo travaux : Fermeture de l'avenue des Frères Lumière entre les rues Villon et Jouvet à compter du 29 juin
  2. Métropole de LyonDélibération n° CP-2025-4552 du 13 octobre 2025
  3. Le Progrès« On a perdu 60 % de chiffre d’affaires » : les commerçants exaspérés par le « chantier sans fin » de l’avenue des Frères-Lumière
  4. Tribunal administratif de Lyon, texte intégral reproduit par Pappers JusticeTribunal administratif de Lyon, 13 novembre 2025, n° 2514047
  5. Conseil d'ÉtatDécision n° 373586 du 31 juillet 2015