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À Genas, la Bâtie d’Azieu passe des ruines aux fouilles

Consolidée en 2025, la fortification médiévale d’Azieu est désormais fouillée. Le sous-sol doit compléter une histoire connue surtout par les murs et les archives.

Au-dessus de l’étang de Mathan, à Genas, la Bâtie d’Azieu accueille cet été un chantier archéologique. Archéodunum y mène en 2026 une fouille programmée sous la responsabilité d’Auriane Lorphelin. L’opérateur identifie une occupation principalement médiévale, avec aussi des traces de la période moderne, et indique que l’étude du site est toujours en cours.

La fortification est pourtant connue depuis longtemps. Elle apparaît dans les textes en 1297 sous le nom de « Poypia de Azeu », une motte castrale surmontée d’un ouvrage défensif. Après sa destruction en juin 1430, le lieu est progressivement abandonné, ses pierres réemployées et ses vestiges gagnés par la végétation.

Son retour dans le paysage local commence bien avant les fouilles. Dans les années 1980, de jeunes bénévoles de l’association genassienne Les Copains d’abord entreprennent un premier défrichage. Plus récemment viennent les relevés LiDAR, les prospections géophysiques, le débroussaillage et même du débardage à cheval. Un diagnostic réalisé en 2023 repère notamment deux grandes fissures dans la muraille. Au printemps 2025, les murs nord-est et nord-ouest sont consolidés pour éviter leur dégradation.

Après la consolidation des murs, le chantier s’intéresse désormais au sol. Lors d’une visite du chantier, Le Progrès situe une phase de fouille du 29 juin au 24 juillet sur environ 200 m². Le journal documente notamment des tessons de poterie et un éperon en fer destiné à être nettoyé et stabilisé en laboratoire. Il rapporte également la découverte d’ossements d’animaux.

La datation et l’interprétation détaillée de ces découvertes n’ont pas encore été publiées par Archéodunum, qui classe toujours l’opération comme en cours.

Pendant longtemps, la Bâtie d’Azieu a donc raconté son histoire par quelques murs, des archives et le souvenir d’une forteresse médiévale. Les fouilles peuvent désormais faire apparaître des indices de la vie quotidienne : les objets utilisés sur place, les aménagements successifs, peut-être la manière dont les occupants vivaient à l’intérieur de l’enceinte. La Ville envisage à terme une protection au titre des Monuments historiques. En attendant, sous les murs sauvés en 2025, l’histoire d’Azieu se cherche désormais dans le sol.

Sources consultées
  1. ArchéodunumGenas - Batie d’Azieu
  2. Ville de GenasSauvegarde de la Bâtie d’Azieu
  3. Le ProgrèsOssements d’animaux et tessons de poteries : ce que révèlent les premiers résultats des fouilles de la Bâtie d’Azieu