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Aux Terres du Velin, deux amis apprennent à vendre ce qu’ils cultivent

À Vaulx-en-Velin, Mathieu Chevallier et Jérémy Ankri vivent leur première saison complète de maraîchers, entre récoltes, magasins bio et cuisine centrale.

Maraîchers dans les serres du Velin

Au nord-est de Vaulx-en-Velin, les fenouils, concombres et patates douces poussent près de la rocade. Mathieu Chevallier et Jérémy Ankri, 32 ans tous les deux, y passent leur première saison complète comme maraîchers. Amis depuis l’enfance, ils ont suivi ensemble une formation en agriculture biologique à Die, dans la Drôme, avant de créer La Ferme des Furets.

Cette saison, le duo travaille un hectare et deux serres aux Terres du Velin. Les récoltes se succèdent deux à trois fois par semaine, entre haricots, épinards, salades, fraises et légumes destinés aux ratatouilles. À l’automne, une seconde parcelle et deux serres supplémentaires doivent leur permettre de maintenir davantage de cultures pendant la basse saison.

Produire n’est pourtant que la moitié du métier. Les légumes sont vendus en paniers, livrés dans deux magasins bio de Villeurbanne et dans des épiceries de Rillieux-la-Pape et de Miribel. Courges et choux rejoignent aussi la cuisine centrale de Villeurbanne, capable d’absorber des quantités plus importantes. À chaque récolte, il faut donc ajuster les volumes, trouver les clients et organiser les livraisons.

Ils travaillent dans un cadre protégé, avec de vraies ventes. L’espace-test met à leur disposition un hectare irrigué, des tunnels de culture, des chambres froides et du matériel mutualisé. Un contrat d’un an, renouvelable deux fois, leur permet de produire et de vendre sans créer immédiatement leur propre exploitation. Des structures agricoles les accompagnent sur les cultures, la gestion et la recherche de débouchés.

Les erreurs restent celles d’un commerce réel. Au printemps 2025, Marius Muzas, installé sur la parcelle voisine, racontait avoir planté davantage de salades qu’il ne parvenait à en écouler. La leçon vaut aussi pour les nouveaux venus : une belle récolte peut devenir un problème si les commandes ne suivent pas. Le chiffre d’affaires et la rémunération actuelle de La Ferme des Furets ne sont pas publiés. Les premiers clients montrent que les légumes trouvent preneur, pas encore que l’activité fera vivre deux personnes.

La relève manque dans toute la Métropole. Elle compte environ 230 exploitations agricoles, et un actif agricole sur deux a plus de 50 ans. Aux Terres du Velin, chacun peut éprouver son activité pendant trois ans au maximum avant de chercher à s’installer ailleurs.

Pour Mathieu Chevallier et Jérémy Ankri, cet apprentissage tient pour l’instant dans une suite de gestes sans folklore : récolter au bon moment, remplir les cagettes, appeler un magasin, préparer les choux et livrer Villeurbanne à l’heure.

Sources consultées
  1. Métropole de LyonPleine saison pour l’espace test agricole
  2. Réseau national des espaces-test agricolesEspace-test agricole de la Métropole de Lyon
  3. VertUn nouvel espace-test agricole près de Lyon : la solution miracle pour se lancer dans l’agriculture bio ?
  4. Métropole de LyonCadre de vie