
Le changement de propriétaire n’a pas refermé l’ère John Textor à l’Olympique lyonnais. Le 30 juillet, l’ancien dirigeant et Eagle Football Holdings LLC ont assigné Eagle Football Group et sa filiale OL SASU devant le tribunal de commerce de Lyon. Une audience est annoncée en septembre.
Les demandeurs réclament deux sommes. La première, de 2,5 millions d’euros, correspondrait à des frais de gestion. La seconde atteint 18,4 millions d’euros, intérêts compris, au titre d’une avance à court terme. Son montant peut encore évoluer.
Ces 20,9 millions d’euros constituent des demandes judiciaires, pas des dettes reconnues par l’OL. Le groupe annonce qu’il les contestera.
Le désaccord survient un mois après le passage de l’OL sous le contrôle de Michele Kang. Le 26 juin, Olympe Bidco, le véhicule d’acquisition qu’elle contrôle, a racheté la participation de 87,78 % détenue par Eagle Football Holdings Bidco, alors placée sous administration au Royaume-Uni. L’opération comprenait aussi un premier prêt d’actionnaire de 31 millions d’euros et, selon le groupe, l’extinction des dettes du groupe OL envers John Textor, Eagle Bidco et leurs affiliés.
La direction lyonnaise considère que les engagements invoqués aujourd’hui étaient compris dans cette extinction. Les éléments rendus publics ne permettent toutefois pas de déterminer si les deux créances réclamées appartiennent exactement au même périmètre.
L’affaire met face à face deux réalités de l’OL. À Décines, l’OL est d’abord le club du Groupama Stadium, au cœur d’OL Vallée. Devant le tribunal, cette même institution apparaît sous les noms d’Eagle Football Group, d’OL SASU et de plusieurs sociétés actionnaires ou créancières enregistrées à l’étranger.
Cette architecture ne relève pas d’un simple détail de juristes. Elle détermine qui possède le club, qui le finance et quelles obligations survivent lorsqu’un propriétaire s’en va. L’OL avait présenté l’opération de juin comme la sortie du groupe des sociétés liées à Eagle Bidco. L’assignation confirme que le changement de propriétaire n’a pas mis fin à tous les différends financiers.
John Textor n’est plus aux commandes, mais les relations financières nouées sous sa présidence font désormais l’objet d’un contentieux. Le prochain rendez-vous est annoncé en septembre, au tribunal de commerce de Lyon.