
À Bel-Air, l’ancien site Auriva, où fonctionnait jusqu’en 2010 un centre d’élevage bovin, doit accueillir 340 logements. Mais construire les immeubles ne suffira pas : l’école, le parc, les rues et les réseaux nécessaires au futur quartier sont estimés à 29,4 millions d’euros. Après la contribution du promoteur, 23,2 millions resteraient à la charge de Francheville et de la Métropole de Lyon.
Au nord du chemin des Aubépines, le programme prévoit environ 26 100 m² de surface de plancher. Quarante pour cent des logements seraient abordables, dont 25 % en locatif social et 15 % en bail réel solidaire. Quelque 2 650 m² doivent accueillir commerces, services, bureaux et maison médicale. Au sud, la commune projette un parc public de 6 300 m² et un groupe scolaire de 17 à 19 classes.
La commune et la Métropole ont validé le montage du projet, mais le chantier n’est pas prêt à commencer. Le PLU-H actuel ne permet pas encore de réaliser l’opération. Après avoir approuvé en février le bilan de la concertation préalable, la Métropole doit encore mettre le document d’urbanisme en compatibilité. Aucune date d’enquête publique n’est publiée.
Le partage de la facture repose sur un projet urbain partenarial, ou PUP. La société porteuse du programme versera 6,17 millions d’euros pour les voiries, les réseaux et une partie du groupe scolaire. Le promoteur finance seulement la part des équipements rendue nécessaire par son programme.
La Métropole conserverait ainsi une charge nette de 4,18 millions d’euros. Pour la commune, elle atteindrait 19,06 millions, principalement en raison du groupe scolaire, dont le coût prévisionnel dépasse 22 millions. L’opération contredit une idée séduisante mais fausse : un grand programme privé ne finance pas automatiquement tous les équipements publics dont il aura besoin.
Le calendrier prévisionnel s’étire sur cinq ans. Les premiers travaux sur le réseau d’eaux pluviales sont annoncés pour 2027, puis sous le futur mail central en 2029. Les principaux espaces publics accompagneraient les premières livraisons immobilières en 2030. La dernière placette et l’avenue de la Table-de-Pierre seraient achevées en 2032.
Le risque est que les logements soient livrés avant l’école, les rues ou les réseaux. Les contributions à la concertation ont notamment porté sur les bus, la circulation, le stationnement et l’évacuation des eaux de pluie. Le choix de construire sur une friche tout en maintenant non bâtie une partie du Pré aux Taureaux est cohérent, à condition que les équipements suivent le calendrier immobilier.
À Bel-Air, la réussite ne se comptera donc pas seulement en appartements livrés. Si le calendrier tient, les premières clés sont prévues en 2030, avec l’école, le mail planté, les rues et les réseaux eux aussi au rendez-vous.
Sources consultées
- Métropole de LyonUn nouveau quartier sur le site de la taurellerie
- Métropole de Lyon, Commission permanenteDélibération CP-2026-5084 du 16 février 2026, PUP secteur Auriva
- Métropole de Lyon, Commission permanenteDélibération CP-2026-5083 du 16 février 2026, mise en compatibilité du PLU-H
- Métropole de LyonLes procédures en cours sur le PLU-H