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bioMérieux réduit ses ambitions pour 2028 et mise sur SPOTFIRE

Le groupe de Marcy-l’Étoile confirme 2026 mais vise moins haut ensuite. Sa croissance se déplace vers SPOTFIRE, les tests non respiratoires et l’industrie.

Automate de diagnostic près du patient

À Marcy-l’Étoile, bioMérieux confirme ses objectifs pour 2026, mais abaisse ceux de 2027 et 2028. Le groupe ne vise plus que 3 à 6 % de croissance annuelle sur ces deux années, contre une moyenne de 7 % précédemment annoncée entre 2024 et 2028.

Cette révision précise aussi les technologies sur lesquelles bioMérieux compte pour prendre le relais de ses tests respiratoires historiques.

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires atteint 1,965 milliard d’euros, presque stable à périmètre et taux de change constants. Après un premier trimestre freiné par une saison infectieuse peu active, les ventes ont toutefois progressé de 5 % au deuxième trimestre.

Le recul vient en grande partie des panneaux respiratoires BIOFIRE. Utilisés sur des automates installés dans les laboratoires, ces consommables permettent de rechercher plusieurs virus ou bactéries à partir d’un même prélèvement. Leur succès dépend cependant du nombre de patients testés. Avec moins d’infections respiratoires qu’un an plus tôt, leurs ventes ont reculé de 17 % au semestre.

bioMérieux cherche donc à élargir les usages du diagnostic et à rapprocher les tests du patient. SPOTFIRE, son automate compact destiné à réaliser des tests PCR près du patient, peut fournir un résultat en une quinzaine de minutes. Son parc mondial dépasse désormais 7 200 appareils. Il a généré 90 millions d’euros de ventes en six mois, tandis que ses réactifs progressaient de 35 %.

Cette croissance reste sensible aux épidémies et aux politiques de remboursement. Mais SPOTFIRE ne se limite pas aux infections hivernales. bioMérieux a notamment soumis aux autorités américaines un panneau consacré aux vaginites, une étape réglementaire qui ne vaut pas encore autorisation de mise sur le marché. Dans le même temps, les panneaux BIOFIRE non respiratoires gagnent 5,5 % et les applications destinées aux industriels de la pharmacie ou de l’agroalimentaire progressent de 7 %.

La nouvelle trajectoire cherche ainsi à moins dépendre d’une seule saison et d’une seule famille de tests. Elle repose sur un parc croissant de petits automates, davantage de pathologies recherchées et des consommables utilisés aussi bien dans les soins que dans le contrôle industriel. Les chiffres montrent que cette réorientation est déjà engagée commercialement, pas seulement au laboratoire.

Marcy-l’Étoile n’est pas seulement l’adresse administrative de cette stratégie. Le site historique réunit des activités de production, de qualité et de recherche et développement. bioMérieux y construit aussi un bâtiment consacré à la production de matières premières biologiques.

Cette inflexion complète l’effort industriel engagé par bioMérieux en Nord-Isère. Les objectifs financiers deviennent plus modestes, mais les choix se précisent : rapprocher le diagnostic du patient et multiplier les usages. À Marcy-l’Étoile, le nouveau bâtiment doit renforcer en parallèle la production de matières premières biologiques du groupe.

Sources consultées
  1. bioMérieuxFirst-Half 2026 Results
  2. bioMérieuxbioMérieux – First-Half 2026 Results
  3. bioMérieuxBIOFIRE SPOTFIRE System
  4. bioMérieuxUniversal Registration Document 2025