
Dans le sud lyonnais, les analyses du deuxième trimestre 2026 confirment le retour sous le seuil réglementaire pour la somme des 20 PFAS suivis. Les sept secteurs contrôlés dans la métropole sont conformes. À Givors et Grigny, la moyenne atteint 0,014 microgramme par litre. À Solaize, les concentrations restent inférieures à la limite de quantification.
Ce résultat suit la mise en service progressive du nouveau dispositif de Ternay. Givors, Grigny et Solaize reçoivent principalement leur eau de la nappe du Rhône captée sur ce site, où les filtres existants se saturaient rapidement. Le Syndicat Rhône-Sud a engagé 4,2 millions d’euros pour équiper six filtres d’un système permettant de renouveler continuellement le charbon actif, sans interrompre le traitement. Une partie du dispositif fonctionne depuis la fin de 2025 ; le chantier complet se poursuit en 2026. L’usine alimente environ 170 000 habitants.
La conformité se maintient depuis le déploiement progressif de cet équipement. Les 34 campagnes du trimestre éclairent aussi la géographie souvent invisible de l’eau lyonnaise. Selon les secteurs, l’eau vient de Crépieux-Charmy, des nappes du Rhône à Ternay, de la Saône, du Garon ou d’un mélange de plusieurs ressources. Les résultats au robinet dépendent de cette origine, des interconnexions et des traitements.
Le second tableau publié par Eau du Grand Lyon porte sur le TFA. Ce composé fluoré ne fait pas partie des 20 PFAS additionnés pour établir la conformité. Il est suivi volontairement depuis 2024, mais séparément. Un guide consacré aux résultats du premier trimestre expliquait cette distinction.
Sur 33 campagnes, la moyenne atteint 0,83 microgramme par litre dans le vaste secteur alimenté par Crépieux-Charmy. Elle se situe autour de 1,9 à Givors, Grigny et Solaize, et à 2,01 dans le quartier de Privas à Charly, lui aussi alimenté depuis Ternay. Eau du Grand Lyon décrit une stagnation générale sur trois trimestres. Les résultats restent très inférieurs au repère sanitaire indicatif de 60 microgrammes par litre retenu provisoirement en France, mais aucune baisse nette ne se dessine.
Le TFA pose un autre problème technique. Très mobile, il est mal retenu par les traitements courants, notamment le charbon actif. Le dispositif lyonnais vise les PFAS retenus par la réglementation, pas le TFA. Les travaux de l’Agence allemande de l’environnement concluent que son extraction à l’échelle de l’eau potable demeure techniquement lourde et difficilement praticable à un coût raisonnable.
À Ternay, les 20 PFAS réglementés restent sous le seuil depuis le déploiement progressif du dispositif. Le TFA, lui, n’est pas retenu avec la même efficacité. Les prochains tableaux de Givors, Solaize et Charly diront si cette stagnation se prolonge.
Sources consultées
- Eau du Grand Lyon2ème trimestre 2026 : concentrations des PFAS et TFA dans l’eau potable
- Eau du Grand LyonPFAS : retour à la conformité à Givors, Grigny et Solaize
- Lyon Vallée de la ChimieTraitement des PFAS : une première en France déployée à Ternay, dans la Vallée de la Chimie
- SUEZTraitement des PFAS dans la Vallée de la chimie : une première en France
- Agence allemande de l’environnementTrifluoroacetate (TFA): Laying the foundations for effective mitigation