
La trémie 1 de Perrache fermera à la circulation mardi 28 juillet. Jusqu’en septembre 2027, la traversée entre le pont Gallieni et les quais de Saône basculera sur la trémie 2. Pour rejoindre directement les quais, les automobilistes devront passer par la place Carnot.
Cette fermeture marque le début d’un programme estimé à quinze ans. Les sept trémies qui passent sous le centre d’échanges seront rénovées l’une après l’autre, avec des campagnes de douze à quinze mois. Ensemble, elles absorbent 120 000 véhicules par jour. La T1, avec ses 1 900 passages quotidiens, est l’une des moins circulées.
Il faut retirer 40 000 m² de flocage amianté, posé lors de la construction du complexe à partir de 1972. Ce matériau protégeait les plafonds et les murs contre l’incendie, mais il est désormais très dégradé et ne remplit plus son rôle. Des nettoyages d’urgence et des renforcements ponctuels ont déjà été nécessaires. Les structures seront réparées, puis les réseaux, l’éclairage, les équipements de sécurité et la chaussée seront renouvelés.
La première campagne, consacrée aux trémies 1 et 2, est évaluée à 17,3 millions d’euros TTC. Le coût global des sept ouvrages n’a pas encore été publié.
Ce calendrier inhabituel tient à la conception même de Perrache. Les routes ne passent pas sous un simple pont, mais sous un bâtiment où se superposent gare routière, métro, tramways, parkings, accès ferroviaires et réseaux techniques. Trois trémies assurent encore la continuité entre M6 et M7 ; les quatre autres distribuent les circulations locales. Toutes fermer en même temps reviendrait à retirer une pièce centrale du réseau lyonnais.
La Métropole a donc retenu sept campagnes distinctes, avec des basculements ou des déviations adaptés à chaque passage. Ce compromis préserve la circulation, mais étale les travaux pendant quinze ans. La superposition des fonctions, qui avait permis de concentrer les flux dans un même échangeur, rend aujourd’hui chaque réparation dépendante de tout ce qui doit continuer à fonctionner autour.
Le chantier se déroule pendant que le centre d’échanges lui-même est transformé. Le programme Ouvrons Perrache doit créer une liaison piétonne plus directe entre la place Carnot et la gare, rénover la gare de bus et réaménager les abords. En surface, la Métropole cherche à réduire la coupure urbaine héritée des années 1970. En dessous, elle doit conserver les routes dont l’agglomération dépend toujours.
À partir du 28 juillet, la T1 sera condamnée, la T2 récupérera sa circulation et Perrache commencera à être réparé sans jamais pouvoir être mis à l’arrêt.