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Après la grêle, qui indemnisera les agriculteurs du Rhône ?

L’État évalue les dégâts du 16 juillet. Selon la culture, l’ampleur des pertes et l’assurance souscrite, les exploitations ne recevront pas le même soutien.

Illustration - Orage de grêle sur des cultures

Les orages et la grêle du jeudi 16 juillet ont frappé des exploitations du Rhône déjà éprouvées par le manque d’eau. Le lendemain, le préfet Étienne Guyot s’est rendu dans une exploitation touchée et a annoncé une évaluation rapide des dégâts afin d’engager les procédures d’indemnisation adaptées. Aucun bilan officiel par commune ou par filière n’a encore été publié.

Les premières estimations viennent de la FDSEA du Rhône et des Jeunes Agriculteurs 69. Les syndicats décrivent des dégâts de grêle en arboriculture et en maraîchage, des maïs non irrigués qui dépérissent, un manque de fourrage pour les élevages et, dans certains secteurs du Beaujolais, des pertes pouvant atteindre la totalité de la récolte. Ces chiffres devront être confirmés par l’inventaire annoncé par l’État.

Cet inventaire ne servira pas seulement à compter les hectares endommagés. Il devra orienter chaque perte vers le dispositif correspondant. Selon les cas, une récolte détruite, des plantations perdues ou un bâtiment agricole endommagé ne relèvent pas du même régime. Depuis 2023, les pertes de récolte exceptionnelles passent principalement par l’assurance et l’indemnité de solidarité nationale. Les dommages affectant durablement l’outil de production, appelés « pertes de fonds », restent traités au titre des calamités agricoles.

La culture et le contrat souscrit peuvent faire varier fortement l’indemnisation. La solidarité nationale se déclenche à partir de 50 % de pertes pour la vigne, les grandes cultures et les légumes, mais dès 30 % pour l’arboriculture, les petits fruits et les prairies. Pour les cultures non assurées, l’État ne couvre en 2026 que 28 % de la perte située au-dessus du seuil pour la viticulture, les grandes cultures et les légumes, contre 31,5 % pour l’arboriculture, les petits fruits et les prairies. Deux exploitations frappées par le même orage peuvent donc recevoir des réponses très différentes.

La part des cultures touchées qui était assurée n’est pas encore connue. C’est pourtant l’une des données qui déterminera le niveau réel de soutien dans le Rhône. Les syndicats demandent aussi une exonération totale de taxe foncière sur les propriétés non bâties pour toutes les exploitations du département. Le dégrèvement prévu par le droit commun est, lui, proportionnel aux pertes constatées sur les parcelles sinistrées.

L’épisode survient alors que le Rhône et la Métropole de Lyon sont placés en alerte sécheresse depuis le 8 juillet. Les débits des cours d’eau étaient déjà inhabituellement bas et l’irrigation des cultures de plein champ interdite en journée.

L’évaluation lancée par l’État ouvre la procédure. Il faut encore reconnaître les secteurs touchés, mesurer les pertes et déterminer le régime applicable. Dans les vignes du Beaujolais, les vergers, les champs de maïs et les élevages, le calendrier comptera autant que le montant : les aides devront arriver avant que les dégâts de juillet ne deviennent des problèmes de trésorerie à l’automne.

Sources consultées
  1. Préfecture du RhôneÉvaluation des dégâts agricoles provoqués par les aléas climatiques
  2. Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaireLa gestion des risques en agriculture
  3. Direction générale des Finances publiquesDégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties pour pertes de récoltes
  4. Eau publique du Grand LyonLa métropole de Lyon placée en alerte sécheresse
  5. Lyon CapitaleFace à la sécheresse et aux aléas climatiques, les agriculteurs du Rhône tirent la sonnette d’alarme