Article

À Villeurbanne, LIFOD veut améliorer l’absorption des médicaments

Lyon 1, le CNRS et Skyepharma créent LIFOD pour améliorer l’absorption orale de molécules difficiles et préparer leur fabrication industrielle.

Illustration - Nanoparticules et comprimés en laboratoire

À Villeurbanne, Lyon 1, le CNRS et Skyepharma ont inauguré le 2 juillet LIFOD, un laboratoire commun consacré aux médicaments difficiles à administrer par voie orale. Sa cible : des molécules prometteuses qui se dissolvent mal une fois avalées, mais aussi des peptides et protéines thérapeutiques que le système digestif dégrade ou absorbe très peu.

Pour agir, un principe actif doit se libérer au bon endroit, rester suffisamment stable puis franchir la paroi intestinale. Une formulation pharmaceutique sert à organiser ce parcours. Elle peut protéger la molécule, améliorer sa dissolution ou prolonger son contact avec une muqueuse. Sans cette étape, une substance efficace en laboratoire peut ne jamais atteindre l’organisme en quantité suffisante.

Le LAGEPP, laboratoire de Lyon 1 et du CNRS installé sur le campus de la Doua, travaillait déjà avec Skyepharma sur NanoMicS. Ce projet développe des nanoparticules lipidiques destinées à transporter un principe actif à la fois peu soluble et peu perméable. LIFOD élargit désormais le travail à plusieurs familles de formulations, aux biomolécules et à une plateforme commune pour comparer les pistes avant leur développement industriel.

Les travaux porteront notamment sur la nanoencapsulation, les nanoémulsions et des systèmes capables d’adhérer aux muqueuses. Ils concerneront aussi la formulation orale de peptides et de protéines, particulièrement vulnérables dans le tube digestif. Des essais in vitro et ex vivo, associés à la modélisation numérique et à l’intelligence artificielle, serviront à étudier la stabilité des formulations et la capacité des principes actifs à traverser des modèles de barrière intestinale. Les documents publiés ne précisent pas encore les méthodes d’IA retenues ni les objectifs de performance attendus.

Le laboratoire réunit deux métiers rarement associés jusqu’au changement d’échelle. À la Doua, le LAGEPP dispose de compétences en génie pharmaceutique, culture cellulaire, caractérisation et mise en forme des médicaments. À Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, Skyepharma développe et fabrique des comprimés, gélules, granulés et autres formes orales solides.

Cette association doit permettre d’intégrer plus tôt les contraintes qui apparaissent lorsque l’on quitte la paillasse : reproductibilité, stabilité, changement d’échelle, qualité et exigences réglementaires. Elle prolonge d’autres collaborations de Lyon 1 consacrées au passage du laboratoire à l’industrie, mais avec un problème bien délimité : faire fonctionner ensemble absorption biologique et fabrication pharmaceutique.

LIFOD bénéficie de 363 000 euros de l’Agence nationale de la recherche pour un programme de 54 mois. Aucun candidat médicament ni résultat propre au laboratoire n’est encore publié. Le premier résultat attendu sera donc une formulation mieux absorbée et suffisamment robuste pour être reproduite à l’échelle industrielle.

Sources consultées
  1. Lyon 1 UniversitéLancement du laboratoire commun LIFOD : une collaboration d’excellence pour l’innovation pharmaceutique
  2. Agence nationale de la rechercheLab of Innovative Formulation for Oral Delivery
  3. LAGEPPNanoMicS, la microfluidisation pour le développement de médicaments oraux à base de nanoparticules lipidiques
  4. SkyepharmaDrug Development & Oral Solid Dosage Manufacturing Services
  5. Nature Reviews Drug DiscoveryAdvances in oral peptide therapeutics